OPINON. « Vive les vacances … en famille ! », par Xavier Dsaulles, PDG d’Adagio

Xavier Dsaulles, PDG d'Adagio
LTD/DR

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Des polémiques sur les lieux « no kids » jusqu’aux appels au « réarmement démographique », la famille est redevenue un sujet politique, culturel et presque civilisationnel, au point que le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan vient de publier une note visant à relancer la politique familiale française, sur fond de dénatalité préoccupante. Derrière des débats parfois contradictoires, une même inquiétude affleure : celle d’une société qui doute de son avenir démographique autant que de ses liens humains.
Dans ce contexte, la famille mérite d’être regardée autrement. Non comme un héritage figé ou une valeur passéiste, mais comme une valeur d’avenir. Mais encore faut-il savoir de quelle famille l’on parle. Car la famille contemporaine n’est ni monolithique, ni immuable. Monoparentale, recomposée, homoparentale, adoptive, multigénérationnelle : la famille d’aujourd’hui se construit autant qu’elle se choisit. Et c’est précisément dans cette diversité qu’elle révèle sa force.
Malgré les tensions qui peuvent la traverser, elle demeure pour beaucoup le premier lieu du lien. Celui où l’on apprend l’attention aux autres, où la solidarité devient concrète, où la sécurité affective se construit. Dans une société où l’isolement progresse et où près d’un Français sur deux estime qu’il est difficile de nouer de « vraies amitiés » – le mythe de « Friends » survit mal face à la réalité quotidienne – cette fonction relationnelle est devenue fondamentale.
Les usages du tourisme racontent d’ailleurs cette aspiration profonde à retisser des liens. À l’approche des vacances d’été, le voyage en famille figure parmi les moteurs les plus dynamiques du secteur : en France, 55 % des parents en font une priorité, tandis que les séjours multigénérationnels progressent fortement : 80% des baby-boomers déclarant financer volontiers les séjours partagés avec leurs enfants et petits-enfants.
Ce phénomène dit quelque chose de notre époque. Dans des vies marquées par les emplois du temps éclatés, la mobilité permanente et l’hyperconnexion, les vacances deviennent bien plus qu’un temps de repos : elles deviennent un temps de reconstruction émotionnelle et intergénérationnelle. Le voyage est désormais un investissement relationnel.
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Cette place singulière des vacances dans la vie des familles engage une responsabilité collective, à l'échelle de la société comme à celle, plus opérationnelle, du secteur de l'hospitalité. Nous devons proposer une offre économiquement et logistiquement adaptée aux réalités des familles. Nous en sommes témoins quotidiennement : les familles d’aujourd’hui recherchent moins la standardisation que la possibilité de vivre, ensemble et à coûts maîtrisés, une expérience commune. Pouvoir rester plus longtemps, être flexible, maîtriser son budget, vivre à plusieurs sans se contraindre : voilà ce qui compte.
Prendre soin des familles est un enjeu de santé publique, et l'un des actes les plus nécessaires dans un monde qui valorise trop souvent l’individualisme, voire le repli sur soi. Les acteurs de l'hospitalité jouent ici un rôle qui dépasse la seule prestation de service. Au fond, qu’est-ce que l’hospitalité, sinon l’art de créer les conditions du lien, au moins le temps d’un séjour ? Nous aurions donc tort de négliger cette évidence : soutenir les familles dans toute leur diversité, ce n’est pas défendre un ordre ancien. C’est investir dans ce qui permet encore de faire société. Et c’est peut-être l’un des gestes les plus contemporains qui soient.