LA TRIBUNE DIMANCHE – Dans votre livre Défaire les ombres*, vous dénoncez « la recrudescence de la haine et des discriminations anti-musulmanes » en France. À quoi l’attribuez-vous ?
CHEMS-EDDINE HAFIZ – À une perception erronée de l’islam et des musulmans, à des stéréotypes péjoratifs, à des préjugés tenaces et à une profonde ignorance. D’après un sondage Ifop**, la moitié des musulmans victimes de comportements racistes ces dernières années estiment que c’est en raison de leur religion. Le paroxysme, c’est l’assassinat d’Aboubakar Cissé, un Malien de 22 ans, poignardé le 25 avril 2025 à la mosquée de La Grand-Combe (Gard) par un individu qui a proféré des propos islamophobes. Que des citoyens – musulmans, juifs ou chrétiens – se fassent agresser en France, patrie des droits de l’homme, en raison de leur religion, est indigne de notre République. Synagogues, temples, églises et mosquées sont des lieux de paix.
Il y a deux ans, il vous a été reproché d’avoir tardé à condamner les attaques terroristes du Hamas en Israël qui ont fait 1.200 morts le 7 octobre 2023…
Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ! Le 9 octobre 2023, la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), instance au sein de laquelle je représente l’islam, a publié un communiqué pour dénoncer les actes barbares commis en Israël. Le vendredi 13 octobre, j’ai demandé aux 180 imams de la grande mosquée de Paris et de nos mosquées affiliées de rappeler dans leur prêche qu’en cas de conflit l’islam interdit aux musulmans de toucher un seul cheveu d’un civil.