En cette fin de journée d’automne, une petite réception a été organisée à l’Élysée en l’honneur de conseillers qui ont choisi de voguer vers d’autres horizons. Après son discours d’usage, Emmanuel Macron se déplace de groupe en groupe. Il aime toujours prendre le temps de saluer les invités. L’un d’eux a justement une question à lui poser : après ces plus de huit années, n’est-il pas lassé de toutes ces cérémonies à répétition où l’on tourne autour de lui comme autour d’une attraction ? La réponse est claire, directe. C’est non.
« Pour l’instant, je ne me désire pas ailleurs », réplique le chef de l’État, ajoutant faire là référence à André Breton. Quatre ans plus tôt, il a visité le musée consacré au surréaliste à Saint-Cirq-Lapopie. Sur le livre d’or de la commune lotoise où il avait choisi de s’installer après en avoir visité tant d’autres, l’écrivain avait inscrit « avoir cessé de [s]e désirer ailleurs » dès qu’il découvrit celle-ci.
Pour Emmanuel Macron, il va falloir pourtant bientôt s’imaginer une autre adresse. Une autre vie. Le 13 mai 2027, son second quinquennat sera officiellement achevé et, comme le veut la Constitution, il ne pourra en solliciter un troisième auprès des Français. Désormais, un compte à rebours est irrémédiablement enclenché. « À partir de maintenant, on ne compte plus en années mais en mois, calcule une ministre restée fidèle. Psychologiquement, ça change tout. » Le président l’a-t-il lui aussi intégré ? Longtemps, il a été un monarque superpuissant. Petit à petit, il devient un roi soleil couchant.