Du haut de ses 26 ans, Alexandre Balasse ne s’attendait pas à être à l’origine d’un tel acte politique. Ce jeune homme, qui vient de boucler ses études d’ingénieur en agronomie, a rédigé une pétition pour s’opposer à la proposition de loi Yadan, examinée jeudi 16 avril par les députés et qui vise à lutter « contre les formes renouvelées » de l’antisémitisme. Il l’a mise en ligne sur le site de l’Assemblée le 18 février et la pétition s’est vue relayée aussi bien par la Ligue des droits de l’homme que par l’idéologue d’extrême droite Alain Soral ou des centaines de comptes de La France insoumise.
Jusqu’à atteindre – et dépasser – le seuil des 500.000 signatures, qui ouvre la possibilité d’organiser un débat sans vote dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. « Ce texte dessert la lutte contre l’antisémitisme en associant la communauté juive à la politique de Netanyahou ; ça essaie de faire taire toute critique contre le gouvernement israélien, donc ça appuie la colonisation et le génocide en Palestine », considère Alexandre Balasse, qui se définit « plutôt de gauche » sans être encarté nulle part.
Dans les faits, le texte ne dit pas cela. Mais les notions qu’il induit, comme celle de « provoquer directement, même implicitement, à des actes de terrorisme », ou d’en faire l’apologie en les « minorant ou banalisant de façon outrancière » ou encore de créer un nouveau délit réprimant les appels à la destruction d’un État reconnu par la République française, sont contestées. Ses détracteurs estiment notamment que des slogans brandis par les militants de la cause palestinienne comme « From the river to the sea » (« du fleuve jusqu’à la mer ») pourraient « faire l’objet de condamnations judiciaires ».