Il y a tout juste deux semaines, les États-Unis célébraient leur 250e anniversaire. C’est à Philadelphie que fut signée le 4 juillet 1776 la Déclaration d’indépendance, un document remarquable, largement inspiré des écrits de Rousseau et de Montesquieu. Il s’agissait clairement d’un acte de trahison audacieux envers l’homme que ce manifeste qualifiait de tyran : George III, roi de Grande-Bretagne et d’Irlande.
Ce texte mettait un terme à son pouvoir autocratique sur les colonies américaines, et, bien qu’il ait été rédigé par Thomas Jefferson, l’ombre intellectuelle de Benjamin Franklin – imprimeur, éditeur, scientifique et, après le succès de la Révolution américaine, premier ambassadeur des États-Unis en France – planait en filigrane derrière cette prose humaniste et révolutionnaire. Franklin fut l’un des signataires de la Déclaration ; un esprit brillant, qui ne cessa de dénoncer le despotisme sous toutes ses formes.
On lui doit cette célèbre maxime, qui reste une de mes citations préférées : « Ceux qui voudraient céder la liberté essentielle au profit d’une sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité. » Qu’aurait-il pensé, deux siècles et demi plus tard, d’un président américain ploutocrate piétinant allègrement l’État de droit et bafouant constamment les principes constitutionnels d’un pays qui s’enorgueillissait jadis de ses valeurs démocratiques ?