Principale figure française éclaboussée par l’affaire Epstein, l’ancien ministre de la Culture s’exprime pour la première fois depuis sa démission de l’IMA et l’ouverture d’une enquête le concernant par le parquet national financier.Une semaine après sa démission, Jack Lang a reçu La Tribune Dimanche pour tenter de livrer de nouvelles explications dans la tentaculaire affaire Epstein, dans laquelle ses liens révélés avec le pédocriminel américain l’ont contraint à quitter la présidence de l’Institut du monde arabe. « Vous voulez du maquillage ? » le questionne son collaborateur. « Non, au point où j’en suis… », soupire-t-il.
L’homme de 86 ans, qui n’a plus rien à perdre, s’emporte parfois dans ses réponses, ulcéré d’avoir à se justifier mais désireux de faire entendre sa version. Quand on lui demande comment il prépare son départ, Jack Lang répond : « Je ne prépare rien. » Pourtant, lors de ses dernières heures dans son bureau de l’IMA qui offre une vue imprenable sur la Seine, les tableaux sont bien décrochés et les cartons sont en train d’être faits. Son successeur sera désigné demain.
Vous avez démissionné de l’IMA samedi 7 février, cinq jours après avoir assuré qu’il n’en était « pas question ». Quel a été l’élément déclencheur ?
J’ai pris conscience que les polémiques risquaient d’atteindre l’Institut du monde arabe. Cette maison, je l’ai dans ma chair, dans mon âme, dans ma mémoire, c’est ma première réalisation ministérielle. Un tsunami de mensonges, de ragots et de colportages s’est déversé à travers les médias, une sorte de tempête de boue. Et je ne voulais pas que l’Institut que j’aime soit victime de cette situation. C’est tout.