EXCLUSIF. Le fondateur du media Legend Guillaume Pley retrace sa success story numérique dans un livre que La Tribune Dimanche a lu en avant-première. Et revendique son style, loin des codes journalistiques.C’est un paradoxe pour un animateur venu de la radio : nous n’entendrons pas le son de sa voix. Lorsque nous le contactons pour évoquer son livre – que La Tribune Dimanche a lu en avant-première – à paraître ce jeudi*, Guillaume Pley fait savoir qu’il souhaite recevoir les questions par écrit. Avant finalement de faire volte-face et de renoncer à répondre, sans aucune explication. A-t-il été effrayé par certaines réserves que nous lui soumettions concernant ses interviews bigarrées, où se succèdent – pêle-mêle – anciens présidents de la République, voyants et dominatrice SM ? Ou bien a-t-il définitivement rompu le lien avec les médias « traditionnels », lui qui a fait ses armes sur NRJ, M6 ou encore C8 ?
« Je m’exprime peu, voire pas, dans les médias, confesse l’animateur de 40 ans dans son livre. Je n’aime pas ça, je n’en vois pas l’intérêt. Je préfère être celui qui pose les questions que celui qui y répond. » À vrai dire, de la promo, notre homme n’en a pas franchement besoin. Lancé en 2023, Legend pulvérise les records avec 6,2 milliards de vidéos vues cumulées l’an passé et 100 millions d’écoutes sur les plateformes audio. De quoi lui permettre de revendiquer le statut d’ « émission numéro un en France ».
Rentable dès la première année, la société – qui ne communique pas sur son chiffre d’affaires – emploie aujourd’hui « 40 collaborateurs à temps plein », indique son associé, Manuel Diaz, cofondateur de l’agence Influx et figure respectée de la « creator economy ». Autour des trois interviews hebdomadaires gravite une myriade de formats de « brand content » (contenu de marque), à l’image de l’entretien « Legend Business ». Prix à payer pour les dirigeants souhaitant s’offrir un passage en studio face à Guillaume Pley : 90.000 euros. Effet garanti sur LinkedIn.
Aux prémices de Legend, Guillaume Pley a une intuition : miser sur des interviews XXL. « Dans un Web saturé de pastilles, je vais proposer du temps long, offrir des entretiens fleuves », écrit-il. Quand Nicolas Sarkozy lui accorde en décembre 2025 sa seule interview après sa sortie de prison, l’échange dure 1 h 48. Celui de cette semaine avec Jean-Luc Reichmann, dont on pensait pourtant déjà tout connaître : 2 h 06. « On n’a pas cette souplesse à la télé, soupire un producteur de l’ancien monde. Forcément, on est battus. »