Tondelier, candidate malgré tout. La chronique politique de Pierre Lepelletier

La chronique politique de Pierre Lepelletier.
LTD/DR

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Ce n’était pas le plan initial. Puisque la primaire de la gauche non-mélenchoniste est plus que jamais compromise, Marine Tondelier va proposer à ses militants d’être malgré tout candidate. « Si cette solution (de primaire) ne devait pas aboutir, nous poursuivrons notre campagne pour la présidentielle 2027 autour de nos valeurs, de nos idées, de notre candidate Marine Tondelier, en restant ouverts et mobilisés afin de construire une dynamique de rassemblement, capable de fédérer des forces de gauche et écologistes, et de gagner », explicite le texte - que La Tribune Dimanche a pu consulter - qui sera soumis à un vote interne, organisé du 1er au 6 juillet.
L’issue ne fait guère de doute puisque la secrétaire nationale dispose d’une large majorité en interne. Dès ce week-end, elle s’engagera d’ailleurs dans un tour de France, en van électrique, et présentera un programme riche de 500 mesures le 13 juillet à la presse.
En se maintenant dans la course, Marine Tondelier s’expose à une contradiction. Celle qui portait haut et fort la nécessité de l’union de la gauche face à l’extrême droite vient ajouter une candidature de plus. Au risque, donc, de renforcer la division. « Nous n’avons pas de raison de disparaître de cette élection », justifie un de ses proches, qui rejette la faute sur l’attitude de Raphaël Glucksmann et de Jean-Luc Mélenchon. Les deux favoris à gauche dans les sondages ont toujours refusé de se soumettre à ce processus qu’ils jugent mortifère. Cette candidature de la patronne des Verts révèle donc aussi l’échec de son pari initial : convaincre, ou plutôt de contraindre, les deux hommes de participer.
Là voilà désormais face à un défi : créer une dynamique autour d’une candidature autonome née d’un échec stratégique. Le chemin sera long puisque Marine Tondelier ne dépasse pas la barre des 5% dans les sondages, pour l’instant. Pour ses détracteurs, cette aventure présidentielle ne servirait qu’à jouer la montre pour éviter de choisir entre Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon.
Apporter son soutien à l'un des deux reviendrait à prendre le risque d’une cassure au sein du parti puisque certains cadres rejettent déjà catégoriquement l’un ou l’autre. « Cette candidature autonome arrange tout le monde », souffle une députée écologiste. Marine Tondelier veut aussi attendre de voir comment évolue la situation au PS alors qu’Olivier Faure, le premier secrétaire, n’a pas renoncé à l’idée d’une candidature commune.
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Autour de Raphaël Glucksmann et de Jean-Luc Mélenchon, on fait en attendant le pari que Marine Tondelier finira par se rallier. Qu’il ne s’agit que d’une question de mois. Le premier a déjà pris contact avec des parlementaires écologistes ; le second a renouvelé son « offre fédérative », qui comprend un accord législatif. L’état-major de LFI prévient cependant que leur proposition est « périssable » et prendra fin cet automne. « Pour créer une dynamique, il faut aller vite. Sinon, cela passera plus pour de l’opportunisme que de la conviction, et donc ça n’apportera rien », prévient Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, pour faire monter un peu plus la pression.
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