Cryptos : Binance se met en pause en France, voici toutes les conséquences

Des figurines d'ordinateurs et de smartphones apparaissent devant le logo de Binance sur cette illustration prise le 19 février 2024.
DR - REUTERS - REUTERS - DADO RUVIC

Des figurines d'ordinateurs et de smartphones apparaissent devant le logo de Binance sur cette illustration prise le 19 février 2024.
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C’est officiel, Binance vient d'annoncer qu'elle met en pause son site pour les Européens. La plus grosse plateforme d’échanges de cryptomonnaies vient d'envoyer un mail à ses clients pour annoncer qu'elle ne réussira pas à obtenir son titre de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) avant le 30 juin. Sauf que sans ce permis, le géant aux 300 millions d’utilisateurs dans le monde va devoir progressivement arrêter d’offrir ses services aux investisseurs européens.
Concrètement, Binance annonce qu'elle « n'est plus en mesure d'accueillir de nouveaux utilisateurs et, à compter du 1ᵉʳ juillet 2026, ne proposera plus de services sur crypto-actifs en France ». La plateforme précise que « les services fournis par Binance France seront progressivement restreints », en précisant, toutefois, que « tous les crypto-actifs resteront disponibles au retrait, y compris après le 1ᵉʳ juillet ».
Si cette annonce était attendue, elle n’en reste pas moins une déflagration dans le petit monde des cryptos. Selon des informations de La Tribune, Binance cumulerait un peu plus de 2 millions de clients rien qu’en France. Si l'entreprise affirme rester « déterminée à obtenir l'agrément » plus tard, il est fort probable que ses clients doivent trouver une autre plateforme pour héberger leurs bitcoins.
Plusieurs pistes sont étudiées par l’entreprise et par l’AMF. La solution la plus pratique serait « qu’un repreneur accepte de maintenir ses activités et de reprendre les utilisateurs », confiait le mois dernier à La Tribune Stéphane Pontoizeau, directeur de la supervision des intermédiaires à l'AMF. Sauf qu’une spécialiste du secteur estime que « Binance est beaucoup trop gros pour cela ».
Le géant au logo jaune pourrait aussi décider de monétiser sa base de clients et de vendre ces derniers à plusieurs plateformes agréées. Un transfert d’ampleur qui a déjà eu lieu aux Pays-Bas en 2023 quand la plateforme, interdite dans le pays, a conclu un partenariat avec Coinmerce pour lui envoyer ses clients. « Cela peut très bien se passer », estime Nicolas Louvet, directeur général de Coinhouse. Ces dernières années, la plateforme française a d'ailleurs conclu des accords avec Bybit et Bitget pour récupérer leurs clients.
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Dans tous les cas, les fonds ne seront pas menacés, affirment les régulateurs. Dans un communiqué, l’Esma, le gendarme européen, explique que « les communications des PSCA doivent indiquer une date limite à laquelle toute position résiduelle serait automatiquement clôturée, ainsi que des informations sur les exigences en matière de protection des clients ».
Si peu de personnes sont inquiètes du sort des clients de Binance, il n’en est pas de même pour la liquidité, pierre angulaire du secteur crypto. « Le fait que Binance ne soit plus capable de délivrer ses services en Europe soulève plein de questions et anticiper plein de câblages techniques pour les flux financiers des autres exchanges », expliquait le cofondateur du courtier français Meria, Owen Simonin, sur BFM Business le 19 juin.
Et pour cause, Binance est bien plus qu’un courtier, c’est une place d’échange internationale où les courtiers se rendent pour acheter et vendre des cryptomonnaies pour le compte de leurs clients. Dans le petit monde des actifs numériques, trouver une plateforme qui rassemble assez d’acheteurs et de vendeurs est crucial pour assurer une transaction rapide et au meilleur prix.
Or, selon Coinmarketcap, fin juin, Binance affichait environ 6 milliards de dollars de volume de transactions par jour. C’est plus que Bybit, OKX (1,5 milliard de dollars chacune), Coinbase (1,2 milliard), Kraken et Upbit (moins d’1 milliard chacune) réunies.
« Il y a des solutions ! » répond cependant Nicolas Louvet. « Il y a quelques années, nous utilisions Binance pour notre liquidité, mais aujourd’hui, nous travaillons avec plusieurs opérateurs de marché qui nous fournissent de la liquidité au travers d’un système de règlement-livraison différé », précise le patron de Coinhouse. Une option qui permet au courtier français de réaliser des transactions pour le compte de ses clients tout au long de la journée et de ne payer la différence entre les achats et les ventes à un courtier principal qu’à la nuit tombée.
Si les investisseurs devraient être peu nombreux à rencontrer des difficultés à acheter et vendre des bitcoins, « les choses seront peut-être plus compliquées pour certaines petites cryptomonnaies listées uniquement sur Binance », met en garde Alexandre Stachtchenko, responsable de la stratégie chez Bitstack.