La dette a augmenté de 75,6 milliards d’euros par rapport au quatrième trimestre 2025, où le ratio de dette publique était de 115,7 % du PIB, selon l’Insee.
La dette française a augmenté à 3 536,1 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2026, pour s’établir à 117,5 % du PIB, selon l’Insee. « Depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne », souligne l’économiste Mathieu Plane.
La dette continue de se creuser en France. Elle a augmenté à 3 536,1 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2026, pour s’établir à 117,5 % du produit intérieur brut (PIB), annonce l’Insee ce jeudi 25 juin. Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d’euros par rapport au quatrième trimestre 2025. À cette période, le ratio de dette publique était de 115,7 % du PIB. La dette française a continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3 306,1 milliards et pesait 112,6 % du PIB.
« La France est aujourd’hui dans une situation assez délicate en termes de dette, parce qu’on n’est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue », explique l’économiste Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE.
« Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé », car elle ne pesait alors que 65,5 % du PIB, ajoute-t-il. « On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté », mais « depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne ».
Le deuxième déficit le plus élevé de la zone euro
Entre 2019 et 2025, la France a connu « la plus forte progression après celle de la Finlande » de sa dette en points de PIB, relève ainsi le spécialiste des finances publiques François Ecalle. « Ce qui l’explique, c’est le niveau du déficit », et « la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans », estime-t-il.
Deuxième économie de la zone euro derrière l’Allemagne, la France en est l’un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1 % du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2 %). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l’Italie. « Notre position relative, par rapport aux autres pays, s’est nettement dégradée », renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.
Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l’État, devant celui de l’Éducation (hors pensions). Le ministre de l’Économie Roland Lescure le rappelait récemment lors d’un colloque à la Cour des comptes, évoquant un « coût de la dette record ». Le service de la dette de l’État devrait ainsi atteindre 64 milliards d’euros en 2026, et « pourrait augmenter jusqu’à 100 milliards dans les années qui viennent », avait-il ajouté.
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« Notre charge d’intérêts de la dette va mécaniquement augmenter » car « le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu’avant, note Mathieu Plane. C’est très important d’être crédibles pour garantir un financement bon marché. »
La tâche s’annonce ardue
Le gouvernement veut afficher une trajectoire vertueuse. Il s’est fixé comme objectif un déficit à 5 % en 2026, avec une dette à 118,4 % du PIB. Il prévoit ensuite de ramener son déficit sous 3 % en 2029, avec une dette stabilisée à 118 % du PIB.
Mais la tâche s’annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l’Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d’une chance sur deux (55 %) de rater la cible des 118 % du PIB en 2029.
Le redressement des finances publiques est d’autant plus complexe que le gouvernement, en quête d’un budget pour 2027, dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet, a promis d’éviter les hausses d’impôts. Dans un courrier envoyé à ses ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu les a exhortés récemment à calmer les ardeurs dépensières de leurs administrations.
Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d’alerte des finances publiques. Ce comité devrait être l’occasion d’annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d’euros d’économies présentées en avril.
Le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9 %. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5 % du PIB (contre 0,9 % avant). L’Insee, elle, table sur 0,7 %. Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publics David Amiel a aussi missionné quatre économistes. Ils doivent réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027 et rendre leurs conclusions début juillet.
Larcher appelle à 6 milliards de coupes budgétaires en plus pour 2026
Gérard Larcher estime ce jeudi à 6 milliards d'euros supplémentaires les nouvelles coupes budgétaires à réaliser pour tenir le budget 2026, après déjà 6 milliards annoncées en avril. Le président du Sénat (LR) a précisé que la chambre haute ferait des propositions « de principe » :« il faut préserver justice, sécurité, défense, c'est les trois régaliens », mais s'interroger sur « le budget social ». « Il va falloir se poser la question de l'organisation, on ne peut plus rester dans cette situation », a-t-il averti. Mais il a refusé toute augmentation de taxe ou d'impôts car la France est « médaille d'or en matière de prélèvements obligatoires ».