Le 22 juin, Emmanuel Macron se rendra au Panthéon avec la famille de Marc Bloch pour visiter le caveau où celui-ci reposera. Le chef de l’État a installé ce rituel les jours précédant chaque cérémonie d’entrée dans le prestigieux temple républicain. Le lendemain, celle en l’honneur de l’intellectuel résistant sera sa sixième.
« Ce sera la synthèse de tout ce que le président a fait précédemment », promet Bruno Roger-Petit, son conseiller mémoire, chef d’orchestre de ces grands-messes depuis 2017. Être un héritier de l’esprit des Lumières, avoir mené des combats pour les valeurs de la République au cours du XXe siècle : c’est en fonction de ces critères qu’Emmanuel Macron a choisi chacune des personnalités qu’il a panthéonisées.
Né en 1886 dans une famille juive originaire d’Alsace, Marc Bloch a été décoré de la croix de guerre à l’issue du premier conflit mondial. Dans l’entre-deux-guerres, cofondateur de l’École des Annales, il a été une figure de la vie politique et intellectuelle. Résistant, il est torturé et fusillé le 16 juin 1944 par la Gestapo. Il a laissé un livre, publié deux ans après sa mort, dont les leçons sur la débâcle de 1940, l’esprit de capitulation et la faillite des élites restent toujours valables aujourd’hui : L’Étrange Défaite. « C’est la moins connue des figures que le président fait entrer au Panthéon mais c’est la plus présente dans le débat public », estime Bruno Roger-Petit.
« Français de préférence, Français d’espérance »