Le président de la République, Emmanuel Macron, et Robert Badinter durant la commémoration du quarantième anniversaire de l'abolition de la peine de mort, au Panthéon à Paris, le 9 octobre 2021.
LTD/Stephane Lemouton/Bestimage/Stéphane Lemouton
Robert Badinter au Panthéon : « En s’en allant, il emporta la peine de mort »
La cérémonie de panthéonisation de Robert Badinter s’annonce spectaculaire. Marina Hands, Guillaume Gallienne et Julien Clerc viendront honorer jeudi la mémoire de l’ancien garde des Sceaux.
À la nuit tombée, jeudi, Robert Badinter va rejoindre le temple de ceux auxquels la patrie doit reconnaissance. Sa remontée de la rue Soufflot sera accompagnée par des récitants. Parmi les artistes qui retraceront sa vie, Marina Hands (mais chut, c’est une surprise…) et Guillaume Gallienne.
Lequel aura pour mission de lire un passage du deuxième tome des Choses vues de Victor Hugo finissant par cette phrase somptueuse que l’on croirait écrite spécialement pour Robert Badinter : « Heureux si l’on peut un jour dire de lui : “En s’en allant il emporta la peine de mort”. »
C’est Élisabeth Badinter, très étroitement associée par la présidence de la République à la préparation de l’événement, qui a choisi ce texte. Et de mettre le livre dans le cercueil de son mari.
« La vie est plus forte que la mort »
C’est Élisabeth Badinter aussi qui a établi la bande-son : du Schubert, La Romanesca de Joseph Achron, Bach par Glenn Gould, le Cosi fan tutte de Mozart. Sans parler, et l’Élysée le présente comme un « moment important » de la cérémonie, de la venue de Julien Clerc pour interpréter L’Assassin assassiné. Le chanteur proposera une version réarrangée, avec piano et synthé, de cette chanson-manifeste.
Comme c’est désormais la tradition dans les panthéonisations ultra-léchées de l’ère Macron, l’entrée dans le temple des grands hommes de l’ancien garde des Sceaux de François Mitterrand sera clôturée par un « mapping ».
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Dominée par le bleu nuit et l’onirisme, l’œuvre graphique créée pour honorer Robert Badinter donnera le dernier mot à sa voix off racontant sa première visite d’Auschwitz, un jour de printemps 1956 : « C’était désert, et curieusement il y avait entre les marches qui descendaient vers la chambre à gaz, il y avait trois petites fleurs ; j’ai regardé ça et j’ai cueilli une des fleurs, je l’ai envoyée à ma mère et j’y ai ajouté : “Pour moi, c’est le symbole que la vie l’emporte toujours sur la mort.” Il ne faut pas oublier les morts, mais ne pas vivre leur mort, dont vous devenez captif. La vie est plus forte que la mort. »