Sur l’île de Man, le Tourist Trophy : la course moto aux 271 morts

Le Tourist Trophy de l’île de Man est une épreuve meurtrière.
LTD/Michael Steele/Getty Images via AFP

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LTD/Michael Steele/Getty Images via AFP
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Il n’a ni l’aura ni le glamour du Grand Prix de formule 1 de Monaco, mais le Tourist Trophy de l’île de Man suscite lui aussi la fascination des connaisseurs de sports mécaniques. Un peu morbide, il faut bien le dire.
L’édition 2026, qui s’est ouverte le 25 mai et s’est achevée le dimanche 7 juin, n’a pas adouci sa réputation de « course la plus dangereuse du monde » : Daniel Ingham, 33 ans, est devenu le 271e pilote tué sur le tracé depuis sa création, en 1907. Lors des qualifications quatre jours plus tôt, le Britannique a perdu le contrôle de sa machine sur le Mountain Course, théâtre du départ de ce contre-la-montre géant.
Long de 60,7 kilomètres, le circuit comporte plus de 200 virages et de brusques variations d’altitude. Lancées sur certaines portions à plus de 300 km/h, des motos de différentes catégories empruntent une route de montagne serpentant entre villages, murets de pierre, trottoirs, maisons, arbres et falaises. Ici, pas de dégagements en bitume, pas de bacs à gravier, pas de barrières Tecpro. Une erreur se paie contre un mur, un lampadaire ou une façade.
Cette année, un pilote a percuté huit spectateurs à la sortie d’une place de village. Parmi eux, une fillette de 2 ans a dû être évacuée par hélicoptère vers Liverpool. Elle a survécu, mais l’accident a conduit les organisateurs à fermer la zone concernée pour le reste de l’épreuve.
Puis la catégorie side-car a entamé sa série noire. La Britannique Maria Costello, première femme à être montée sur un podium du TT, a été grièvement blessée. Elle aussi a été transférée à Liverpool, dans un état jugé sérieux mais stable. Son passager, Shaun Parker, a été hospitalisé avec de multiples blessures. Est ensuite survenu l’accident des frères Ryan et Callum Crowe, les favoris. Leur side-car s’est retourné à haute vitesse. De quoi convaincre les organisateurs de prendre une décision rare : ils ont mis fin à toutes les courses de la catégorie pour le reste de la quinzaine.
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Pourtant, chaque printemps, les candidats continuent d’affluer. Les motards viennent d’Australie, du Japon, des États-Unis ou de toute l’Europe éprouver leur courage. Ils savent ce qui les attend. La pluie, le brouillard et les vents fréquents et imprévisibles peuvent transformer le parcours en cauchemar en un claquement de doigts. Ils connaissent les statistiques et les noms gravés sur les monuments commémoratifs qui jalonnent l’île. L’édition la plus meurtrière, en 1970, avait coûté la vie à sept pilotes.
Pourtant, jamais l’épreuve n’a renoncé à cet ADN anachronique, ni véritablement ému les pouvoirs publics. Le Tourist Trophy est organisé par une filiale de la fédération britannique de motocyclisme, en partenariat étroit avec le gouvernement de cette dépendance autonome du Royaume-Uni, qui possède les droits commerciaux de l’épreuve et en fait l’un de ses principaux événements touristiques. Cette survivance de l’esprit des pionniers du sport mécanique, qui acceptaient aisément de frôler la mort, captive les spectateurs, toujours nombreux. Les détracteurs du TT de l’île de Man, eux, peinent à croire qu’il pourra résister indéfiniment à l’accumulation des drames.
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