L’attaquant des Montreal Canadiens Alexandre Texier célèbre après avoir marqué un but contre le Tampa Bay Lightning lors de la première période du match no 3 du premier tour des séries éliminatoires de la Coupe Stanley 2026, au Bell Centre.
« Ici Alexandre Texier,prochaine station : Lucien-L’Allier. » Depuis dix jours, et tant que les Canadiens restent sur les rails des playoffs NHL, voilà le message que les usagers du métro de Montréal peuvent entendre à proximité du Centre Bell.
La confirmation que l’attaquant a voix au chapitre dans la franchise la plus titrée de la ligue (24 coupes Stanley), mais au régime sec depuis 1993. Le Lightning de Tampa Bay est le premier à se dresser sur le chemin et Texier ne baisse pas les yeux.
Pour le match 3 vendredi 24 avril, dans un vacarme épousant la dévotion locale, il a ouvert le score d’une lucarne puis délivré une assistance. Victoire 3-2, avantage 2-1 dans la série. Et un héros tout retourné : « C’était plus qu’incroyable, je devais prendre des petites respirations pour me calmer. Il n’y a qu’une ville qui s’arrête ainsi pour un match. » Que lui, l’unique représentant tricolore, vive à 26 ans sa meilleure vie en NHL (9 buts et 13 assistances cette saison) s’apparente à un sacré rebond.
Une feinte signature
Congédié en novembre par Saint Louis, après cinq saisons à Colombus, Texier est entré par la petite porte aux Canadiens. Mais il a vite séduit son monde. Un triplé en janvier a achevé de convaincre les dirigeants de prolonger de deux ans son contrat, à des conditions nettement revalorisées (2,5 millions de dollars annuels). Il a aussi fait admirer sa fameuse feinte à une main lors des tirs au but, qui bluffe jusqu’à ses partenaires. « Elle n’appartient qu’à lui, c’est un geste signature », applaudit Yorick Treille, le sélectionneur des Bleus, qui parle d’un joueur sachant « tout faire, rapide, avec de grandes qualités de contrôle du palet, de lecture et de résistance aux chocs ».
Lui-même entraîné par Texier père à Grenoble, Treille a vu les premiers pas du rejeton, « qui passait son temps à la patinoire » des Brûleurs de loups. Et le hockey français a compris tôt qu’il tenait là son prodige. Premier match chez les pros le jour de ses 17 ans : 3 buts. Dans la foulée, même pas majeur, Texier devient le premier Français issu de Ligue Magnus à être drafté en NHL. Un passage par la Finlande et le grand bain nord-américain est devenu pain quotidien. Sans guère susciter d’écho en France, où la discipline reste confidentielle.
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Texier aurait pu prendre un peu de lumière nationale aux JO, en février. Arrivé diminué, trois jours avant le premier match, il n’a pu éviter le coup de balai (4 matchs, 4 défaites). « Il était clairement le joueur ciblé par les défenses adverses », émet Yorick Treille, désormais tourné vers la remontée dans l’élite (Mondiaux 1A en mai). En se doutant qu’il faudra faire sans son leader, bien occupé par ailleurs.