C’est le métier qui rentre. Bruno Retailleau redescend de scène immédiatement après y être monté. Le candidat LR à la présidentielle vient de traverser seul pendant de longues minutes la salle du parc floral à Vincennes, où se tient son premier meeting de campagne et où sont réunies, en ce samedi brûlant, autour de 3.500 personnes. Mais, emporté par son élan, il n’a pas salué les personnalités installées au premier rang. Avant d’entamer son discours, il va donc embrasser François Baroin, Valérie Pécresse, qui était à sa place il y a cinq ans, Gérard Larcher, Michel Barnier et l’écrivain Boualem Sansal, la guest-star du jour.
Revenu derrière le pupitre, Bruno Retailleau, qui parle sans notes, entre directement dans le vif du sujet. « Après dix ans d’En marche !, fustige-t-il, plus rien ne marche. » Durant ses 50 minutes de discours, l’ex-ministre de l’Intérieur ne cite qu’une fois le nom d’Emmanuel Macron, mais il étrille son bilan en matière de justice, de santé, d’éducation… « Les belles paroles, les beaux discours ne marchent plus. Ils minimisent, ils relativisent, ils contournent les réalités, cingle le président des Républicains. Ils pensent de travers, ils marchent de travers et ils ont mis la France à l’envers. » Lui propose donc de la remettre à l’endroit.