Que reste-t-il de la vague bleue de 2014 ? La chronique de Jules Pecnard

Découvrez la chronique de Jules Pecnard.
LTD/DR

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L’expression a été exhumée le 25 mai dernier par Annie Genevard dans Le Journal du Dimanche. Bruno Retailleau venait d’être élu triomphalement à la tête des Républicains. « Cette nouvelle dynamique doit nous donner l’ambition d’être présents le plus largement possible (...) pour voir à nouveau une vague bleue sur nos territoires », déclarait la ministre de l’Agriculture en faisant allusion aux élections municipales de 2026. Le nouveau patron de la droite a repris cette ambition à son compte durant l’été. Puis les choses ont changé : Bruno Retailleau a maladroitement quitté le gouvernement, Annie Genevard y est restée mais en perdant ses galons de présidente de la commission d’investiture de son parti.
Demeure le terme. Il date de 2014, année où l’UMP, ancêtre de LR dirigé à l’époque par Jean-François Copé, a fait une razzia en passant de 433 à 572 villes de plus de 10.000 habitants dans son escarcelle : Toulouse, Limoges, Angers, Reims, Tours, Saint-Étienne, etc. Moins de deux ans après la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, la droite a mis KO debout un Parti socialiste déjà anémié par le début de quinquennat de François Hollande. Les fondations de la gauche de gouvernement ont vacillé et ce scrutin est resté gravé dans la mémoire collective au rang des démonstrations de force.
Dans le contexte actuel, Les Républicains et leurs alliés centristes sont-ils vraiment en mesure de reproduire une telle performance ? Ne relève-t-elle pas davantage du fardeau que du modèle reproductible ? Les quatre têtes pensantes de l’alliance LR-UDI ont déjeuné ensemble mercredi 12 novembre pour en discuter : Bruno Retailleau, Hervé Marseille, son homologue du centre, Gérard Larcher, président du Sénat, et Mathieu Darnaud, chef de file de la droite à la chambre haute. Tous fins connaisseurs de la carte électorale, tous lucides sur l’émiettement du champ politique national et conscients de ce qui sera visible aux yeux des Français le 22 mars prochain.
« Notre problème numéro un, ce sont les débauchages », évoque un conseiller du quatuor. Parmi les maires élus en 2014, plusieurs ont troqué leur étiquette UMP pour celle d’Horizons. C’est le cas de Christophe Béchu à Angers, d’Arnaud Robinet à Reims ou de Christian Estrosi à Nice. S’ils sont réélus, Bruno Retailleau aura du mal à s’approprier leurs victoires, d’autant plus que les relations entre Les Républicains et le parti d’Édouard Philippe se sont crispées dans plusieurs villes importantes, comme Paris ou Strasbourg. Quant à Jean-Luc Moudenc, édile sortant à Toulouse, il part sous la bannière « divers droite ». Laquelle restera « la première étiquette de France », rappelle le stratège cité plus haut.
Si le bloc LR-UDI peut espérer une stabilité, des défaites sont possibles à Saint-Etienne, où Gaël Perdriau est en procès pour chantage à la « sextape » contre son ancien premier adjoint, ou encore à Nîmes, où le risque d’une victoire du RN peut donner l’avantage à la gauche face à une droite désordonnée. Seraient-elles compensées par un succès à Besançon ? D’après un proche de Laurent Wauquiez, qui cherche, lui, à tisser des liens avec le mouvement d’extrême droite Reconquête, l’invocation par Annie Genevard de la « vague bleue » était au mieux « imprudente ».
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« Au 20H de TF1, il va dire quoi Gilles Boulleau ? On sait tous que le soir du second tour, les Français regardent les 15 ou 20 plus grandes villes, rappelle ce fidèle, et quand j’entends “vague bleue”, j’entends “progression”. Or quand on fait le tour, on peine à identifier des villes qui basculeront, voire resteront à droite. »