À Rennes, la gauche se met en ordre de bataille, loin de LFI

Les écologistes soutiennent le principe d’une candidature commune avec le PS dès le premier tour, sans LFI.
Reuters

Les écologistes soutiennent le principe d’une candidature commune avec le PS dès le premier tour, sans LFI.
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Lors des élections municipales de 2020, les écologistes et la maire sortante PS de Rennes (Ille-et-Vilaine), Nathalie Appéré, avaient fait front uni au deuxième tour pour parler urgence sociale, écologie et démocratie. Engagés depuis cinq ans dans une majorité municipale naviguant parfois en eaux agitées, par exemple sur les choix économiques, les favoris d’il y a cinq ans devraient repartir ensemble et faire campagne commune.
Du côté des Écologistes, groupe majoritaire au conseil municipal, le soutien au principe d’une union de la gauche et d’une candidature commune avec le PS et la majorité sortante dès le premier tour a été acté le 18 octobre dernier par le mouvement Confluences-Rennes 2026. Celui-ci réunit aussi l’Union Démocratique bretonne (UDB) et le parti Nouvelle Donne.
Nathalie Appéré, qui pourrait briguer un troisième mandat, n’est pas encore officiellement partante. Si sa candidature comme tête de liste PS laisse peu de doute, elle n’est « pas d’actualité » encore s’est contenté de faire savoir son entourage à La Tribune Dimanche, sans répondre à nos sollicitations. La maire de Rennes, qui a déjà montré sa capacité à fédérer des forces de gauche, avait cependant réagi « avec enthousiasme » au choix des Écologistes. Confirmant au passage dans un communiqué le mois dernier qu’un travail de fond réunissait bien « depuis la rentrée, l’ensemble des partenaires de notre majorité municipale ».
Selon Confluences-Rennes 2026, cela s’est traduit par la signature avec le PS d’un accord programmatique « ambitieux » ainsi que « d’un pacte de gouvernance partagée pour amplifier et accélérer la transformation de Rennes » face aux « aux enjeux climatiques mais aussi économiques, sociaux et démocratiques ».
Cette alliance, qui laisse LFI de côté, et « consterné » par un tel faux bond, se positionne davantage en réaction à la montée de la droite et de l’extrême-droite, alors que déjà quatre candidats incontournables (RN, LR, Horizons-Renaissance, LFI) se trouvent sur la grille de départ. Dans une capitale bretonne réputée pour son attractivité et son dynamisme économique, les oppositions ne cachent ni leurs critiques ni leurs ambitions de faire tomber ce bastion placé à gauche depuis 1977.
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Ils appuient leur argumentaire sur un contexte social marqué par une précarité croissante, une politique urbaine pas toujours comprise doublée d’une crise du logement aigüe et de vifs débats relatifs à la sécurité et au trafic de drogue. En mettant de côté ses divergences pour insister sur ses valeurs communes (rôle social, démocratie locale), la majorité actuelle n’entend pas altérer le socle de 2020.
Pour Nathalie Appéré, l’objectif sera de proposer en mars prochain « un projet qui conjugue justice sociale et urgence climatique » expliquait-t-elle en octobre. Sur le plan du programme, il est cependant probable que les Écologistes, emmenés par l’adjointe à l'Éducation Gaëlle Rougier, tentent de faire monter les enchères. Leur projet intègre déjà 200 propositions dont une première salve de quinze suggestions a été présentée à la rentrée. Parmi elles figurent l’objectif de planter 800.000 arbres et haies dans la métropole, « dont 400.000 lors du prochain mandat », de limiter la hauteur des immeubles à douze étages pour favoriser l’écoconstruction, d’étendre la gratuité des transports et de créer une police métropolitaine. Le sujet n’est plus tabou.
Les Écologistes souhaitent aussi être plus amplement associés aux décisions économiques et ont tracé ce qu’ils nomment une « ligne rouge » : « On va s’épargner un Safran Numéro 2 », ont prévenu Gaëlle Rougier et sa co-cheffe de file Priscilla Zamord.
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Une manière de rappeler au PS que l’installation de Safran Turbine Airfoils, pour construire des moteurs d’avions, même plus économes en émissions de CO2, à La Janais, site en reconversion industrielle devenu vitrine proclamée de l’économie décarbonée, reste un gros sujet de ressentiment.