Leadership 2030 : former une génération de dirigeants éthiques, agiles et tech-augmentés

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Depuis plus de cinquante ans, le CEDEP s’est imposé comme un acteur clé du leadership transformationnel. Son objectif : accompagner les leaders dans la complexité, développer leur capacité d’introspection et les aider à intégrer l’éthique, la durabilité et l’intelligence artificielle dans leurs décisions.
À l’horizon 2030, l’enjeu est clair : préparer une génération de dirigeants capables de penser en systèmes, de cultiver la coopération et d’assumer une responsabilité qui dépasse largement leur organisation.
Entretien avec Thomas Hinterseer, qui a dirigé le CEDEP pendant neuf ans avant d’en prendre la présidence.
Le CEDEP a été fondé en 1971 par L’Oréal, Sanofi et Danone autour d’une idée visionnaire : créer un lieu où les dirigeants pourraient réfléchir ensemble, échanger librement et se préparer collectivement à un avenir complexe.
Aujourd’hui, nous restons un club d’Executive Education à but non lucratif, indépendant, international, et entièrement dédié au développement des leaders.
Nous intervenons à travers le monde pour permettre à chaque dirigeant de progresser dans son propre contexte, tout en gardant un ancrage fort dans la dimension humaine et dans l’éthique. Notre campus historique est à Fontainebleau mais notre modèle reste global, agile et résolument tourné vers les transformations à venir.
Nous entrons dans une époque où les transitions technologique, géopolitique, environnementale et sociale s’entrecroisent. Le leadership 2030 consiste à naviguer ce croisement permanent avec agilité, lucidité et sens. Les leaders doivent comprendre les systèmes dans leur globalité, penser les interdépendances, intégrer la technologie comme un amplificateur, et non comme une béquille, et rester profondément centrés sur l’humain.
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Le dirigeant “tech-augmenté” n’est pas celui qui délègue à l’IA, mais celui qui sait l’utiliser pour éclairer ses choix, renforcer sa vision et prendre des décisions éthiques et transparentes. L’époque du leader “super-héros” est révolue. Le leadership qui s’impose désormais est plus humble, plus collaboratif et plus conscient de son impact sur la société.
L’intelligence artificielle transforme profondément le travail, mais elle n’a pas vocation à se substituer au jugement humain. Elle devient utile lorsqu’elle permet aux dirigeants de mieux comprendre les systèmes dans lesquels ils évoluent, de visualiser des relations qu’ils ne percevaient pas et d’éclairer leurs décisions avec davantage de justesse. Un leader tech-augmenté n’est donc pas un dirigeant assisté par une machine ; c’est un dirigeant qui sait utiliser l’IA pour élargir son champ de perception et clarifier ses choix dans un monde où l’information circule vite et où l’incertitude est permanente.
L’IA ne crée aucune valeur si elle ne s’accompagne pas d’un travail en profondeur sur la culture, les compétences et la structure de l’entreprise. Cette transformation exige du courage, car elle implique de remettre en question des réflexes anciens, d’abandonner certains processus devenus obsolètes et de créer un espace où les équipes peuvent expérimenter sans peur de l’erreur.
La technologie n’est donc qu’un élément du leadership 2030. Elle amplifie les leaders qui savent déjà penser en systèmes, agir avec éthique et travailler dans la coopération. Sans cette base human-first, l’IA n’est qu’un outil ; intégrée à un leadership responsable, elle devient un vrai levier d’augmentation.
Parce qu’elle agit comme un repère dans l’incertitude. Une culture vivante crée les conditions de la confiance, de l’innovation et des conversations authentiques. Elle donne du sens, elle aligne les actions et elle permet aux équipes de prendre des risques sans craindre la sanction. Mais une culture ne se décrète jamais : elle s’incarne. Les collaborateurs attendent des dirigeants qu’ils soient cohérents entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font. Lorsque cette cohérence existe, la transformation devient possible ; lorsqu’elle manque, tout s’effondre.
Le leadership moderne repose donc sur cette capacité à nourrir la culture au quotidien, avec constance et sincérité.
Notre priorité est d’offrir un espace rare : celui du recul, du questionnement et de la pensée systémique. Les dirigeants sont aujourd’hui saturés d’informations et de réunions, et disposent de très peu de temps pour réfléchir en profondeur. Nous leur permettons de s’extraire du quotidien pour analyser, questionner, échanger et désapprendre certains réflexes hérités du passé.
Notre modèle repose sur le co-design avec nos membres et nos clients, sur une diversité internationale de professeurs, d’experts et de praticiens, et sur une approche profondément human-first. Nous intervenons sur tous les continents et développons également des programmes dédiés au leadership de la sécurité, un enjeu vital alors que près de trois millions de personnes meurent chaque année d’un accident du travail.
Être une association à but non lucratif nous permet d’investir dans l’innovation pédagogique et de proposer des programmes exigeants, modernes et parfois déstabilisants, mais toujours orientés vers le développement humain.
Le leadership de demain n’est pas une affaire de technique, mais une affaire de responsabilité. Il demande de la clarté, du courage, de l’humilité et une capacité à intégrer l’éthique dans chaque décision. Les dirigeants ne peuvent plus se contenter d’exécuter une stratégie ; ils doivent comprendre le monde, réfléchir à leur rôle dans la société et redéfinir ce que signifie créer de la valeur.
Au CEDEP, nous les accompagnons pour qu’ils deviennent des leaders capables d’affronter la complexité, d’utiliser la technologie comme un levier d’augmentation – et non de substitution – et de porter des organisations résilientes, inclusives et engagées. Le leadership 2030 sera profondément humain, et profondément responsable.
Comment définiriez-vous le leadership à l’horizon 2030 ?