TEXALLIANCE mise sur l’intégration industrielle pour asseoir sa croissance

Olivier Nicolle
TEXALLIANCE

Olivier Nicolle
TEXALLIANCE
À Aix-d’Angillon, dans le Cher, les engins de chantier s’activent. D’ici à l’automne, une nouvelle usine de 5,7 millions d’euros sortira de terre. À la manœuvre, le groupe TEXALLIANCE, une PME industrielle spécialisée dans la transformation du métal et la fabrication de pièces mécaniques de haute précision. Pour l’entreprise en pleine expansion, il s’agit de se donner les moyens de franchir un cap dans son développement, et de répondre aux commandes et besoins de ses clients.
Spécialisée dans l’usinage multi-axes – jusqu’à 8 axes – par enlèvement de copeaux, le décolletage, le tournage robotisé et l’assemblage mécanique, la société STMB-ROSSE s’est imposée comme un acteur reconnu de la mécanique de précision. L’entreprise répond aux exigences de secteurs stratégiques tels que l’aéronautique, qui représente 40 % du chiffre d’affaires du groupe, la défense (15 à 20 %), mais aussi le médical et l’énergie. Dans ces univers fortement normés, la fiabilité des pièces et la traçabilité constituent des prérequis indispensables, qui limitent de fait le nombre d’acteurs capables d’y accéder.
Le nouveau site sera deux fois plus vaste que l’ancien – et potentiellement trois fois puisqu’une extension est possible. Pour Olivier Nicolle, CEO de TEXALLIANCE, groupe industriel familial auquel appartient STMB-ROSSE depuis fin 2024, ce développement s’inscrit dans la nécessité d’absorber de nouveaux volumes et de poursuivre son expansion. « Cette nouvelle usine est indispensable pour continuer à avancer. C’est un impératif industriel, mais aussi un choix stratégique ». Car derrière ce déménagement d’un kilomètre à peine se joue en réalité un changement d’échelle.
Pensé dès le rachat de STMB-ROSSE, le projet s’inscrit dans une vision plus large : structurer un groupe capable de maîtriser l’ensemble des étapes critiques de production, tout en gagnant en capacité et en compétitivité. Sur certaines pièces complexes, notamment dans l’aéronautique ou l’armement, l’entreprise est ainsi en mesure d’intégrer en interne plusieurs phases clés, de l’extrusion à l’usinage, garantissant une meilleure maîtrise des délais et de la qualité.
Le futur site, plus moderne, doit ainsi permettre d’intégrer de nouveaux équipements – certaines machines pouvant atteindre jusqu’à un million d’euros – et d’absorber la montée en charge liée aux nouveaux contrats.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Au-delà de la surface, c’est aussi la conception même de l’usine qui évolue. Le bâtiment intègre une série de dispositifs destinés à améliorer à la fois la performance énergétique et les conditions de travail : autoconsommation électrique grâce à des panneaux solaires, filtration des brouillards d’huile pour garantir un air pur dans les ateliers, récupération de la chaleur des machines pour le chauffage en hiver.

Ce nouvel outil industriel, financé intégralement par un partenaire bancaire, doit également jouer un rôle clé dans l’attractivité du groupe. Dans un secteur confronté à des tensions de recrutement, offrir un cadre moderne et écoresponsable est devenu un argument décisif.
Depuis la reprise de l’entreprise familiale en 2012, Olivier Nicolle, ingénieur de formation, passé notamment par Procter & Gamble, a engagé une transformation progressive du modèle, fondée sur l’intégration verticale et l’investissement productif. Créée en 1994 avec TEXPART TECHNOLOGIES, la première entité du groupe, l’entreprise a longtemps évolué sur un positionnement d’ingénierie et d’industrialisation de pièces mécaniques.
Lorsque Olivier Nicolle en prend les rênes en 2012, il imprime une nouvelle direction : internaliser les phases critiques de production pour gagner en autonomie, en qualité et en réactivité.
Car derrière le bâtiment qui est en train de sortir de terre – la livraison de la nouvelle usine est prévue pour le 15 octobre – se joue bien plus qu’un simple déménagement. Il incarne la stratégie déployée depuis plus d’une décennie par ce groupe discret, qui a progressivement basculé d’un modèle de sous-traitance vers une organisation intégrée, capable de maîtriser les étapes clés de fabrication.
Désormais structuré autour de trois entités principales – TEXPART TECHNOLOGIES, SKV et STMB-ROSSE –, le groupe TEXALLIANCE affiche un chiffre d’affaires compris entre 26 et 30 millions d’euros, pour un effectif d’environ 110 collaborateurs. Un périmètre suffisamment solide pour se positionner sur des chaînes de valeur critiques, notamment dans l’aéronautique et la défense. Dans certains domaines, comme l’extrusion aluminium de haute précision ou la micro-découpe laser, le groupe fait partie des rares acteurs capables d’atteindre ce niveau d’exigence en Europe.
Dans ces secteurs, qui concentrent à eux seuls près de 60 % de l’activité, la question n’est pas tant celle des volumes que celle de la fiabilité. Normes strictes, exigences de traçabilité, tolérances infimes : l’accès au marché constitue en soi une barrière à l’entrée. « Ce sont des métiers où l’on n’a pas le droit à l’erreur », rappelle Olivier Nicolle. Dans ce contexte, la stratégie d’intégration engagée depuis plus de dix ans prend tout son sens.

En internalisant progressivement les étapes clés – de l’extrusion à l’usinage, jusqu’à certaines opérations d’assemblage –, TEXALLIANCE réduit sa dépendance à la sous-traitance et sécurise ses flux de production. Un levier décisif pour répondre aux contraintes de délais et de qualité imposées par ses clients, mais aussi pour capter davantage de valeur sur chaque projet.
Ce positionnement permet également au groupe de se différencier dans un paysage industriel français encore très fragmenté. Là où nombre d’acteurs restent spécialisés sur un seul maillon de la chaîne, TEXALLIANCE revendique une approche transversale, combinant plusieurs savoir-faire technologiques. Une diversité qui lui permet d’adresser des projets complexes, souvent sur mesure, et de s’inscrire en amont des cycles industriels, au plus près des bureaux d’études. Pour continuer de s’imposer durablement dans les chaînes de valeur les plus exigeantes.