Les équipes africaines d'EY prennent la relève

Eric N'Guessan, leader du cluster Afrique Francophone Subsaharienne d'EY,
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Eric N'Guessan, leader du cluster Afrique Francophone Subsaharienne d'EY,
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Un système « gagnant-gagnant » : c'est ainsi qu'Eric N'Guessan, 57 ans, leader du cluster Afrique Francophone Subsaharienne d'EY, décrit l'initiative prise par le cabinet international d'audit et de conseil pour ses implantations en Côte d'Ivoire, au Sénégal, en Guinée, au Cameroun, au Tchad, au Congo, en RDC, au Gabon et en Guinée équatoriale. Elles seront scindées en deux réseaux indépendants, l'un pour l'audit, l'autre pour le conseil (juridique, fiscal, expertise comptable, consulting et transaction). Et surtout, au terme d'un processus qui débute et se conclura le 1er mai 2026, elles seront détenues en totalité par les associés locaux, dont Eric N'Guessan, qui travaille depuis près de 25 ans pour EY. « A l'heure de la mondialisation de l'Afrique mais aussi de sa régionalisation – le continent se construisant également par sous-ensembles – nous devions répondre à ces nouvelles dynamiques, d'autant que notre credo a toujours été : 'penser mondialement et agir localement'. En voici une illustration concrète. Et si EY a déjà pris ce genre d'initiative ailleurs dans le monde, l'ampleur de ce projet de transmission en Afrique Francophone Subsaharienne est inédite », commente-t-il.
La logique d'adaptation aux nouvelles réalités africaines implique aussi un leadership local plus affirmé. Les clients (environ 500 actuellement) – administrations publiques et entreprises privées – qui seront évidemment repris pour assurer la continuité, profiteront ainsi encore plus de la créativité, de l'agilité et de l'expertise des professionnels locaux, en prise réelle avec les besoins et les caractéristiques du terrain. En outre, les deux nouvelles entités veulent proposer leurs services non seulement aux grandes structures mais aussi aux PME, nombreuses et très dynamiques, qui font le tissu économique de la région.
De son côté, EY pourra toujours à l'avenir s'appuyer sur ses anciennes équipes, en particulier pour de nouveaux clients internationaux intéressés par l'Afrique. « A nous de nous montrer dignes de la confiance que nous fait le cabinet », sourit Eric N'Guessan, pour enchaîner : « De manière générale, cette nouvelle façon de faire signifie que nos clients auront le meilleur des deux mondes : la qualité, l'éthique, les standards internationaux venus d'EY et que nous maintiendrons, et un fort ADN africain. »
L'Afrique suscitant bien des convoitises, la concurrence est rude, sur place, entre grands cabinets internationaux, mais aussi avec de nouveaux venus locaux. Porté par la croissance économique du continent et la volonté de ses acteurs d'œuvrer à l'amélioration des conditions de vie des habitants, à la transition écologique et à l'intégration commerciale, le montant total du marché de l'audit et du conseil est aujourd'hui estimé à 800 millions de dollars par an à horizon 2028 en Afrique, selon le leader du cluster Afrique Francophone Subsaharienne d'EY. Dans leur région, les deux nouveaux réseaux issus d'EY ont bien l'intention de participer au mouvement, ne serait-ce que pour augmenter leur chiffre d'affaires (pour information, EY Afrique francophone a enregistré un chiffre d'affaires de l'ordre de 50 millions d'euros sur son dernier exercice). Mais Eric N'Guessan a des ambitions spécifiques.
« Que l'on parle d'intégration commerciale régionale, d'exploration minière ou de construction d'infrastructures électriques ou autres, il faut des données fiables pour mener à bien les projets. Or cela fait souvent défaut aujourd'hui. Nous voulons donc déployer des outils pour fiabiliser les données, les structurer, les analyser », annonce-t-il.
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En outre, il tient à maintenir une priorité de longue date d'EY, celle de s'assurer de l'impact environnemental et sociétal positif des activités d'audit et de conseil. « Nous voulons même accroître cet impact, dit-il, en engageant davantage nos collaborateurs dans le recyclage ou les économies d'énergie, de même que dans des activités pro bono liées aux domaines environnemental ou sociétal, mais nous voulons aussi davantage conscientiser nos clients ».
Avant cela, Eric N'Guessan devra peaufiner la gouvernance, le fonctionnement technologique et le positionnement des deux structures, sans oublier de convaincre, si c'est encore nécessaire, équipes et clients. « Ces étapes sont sans doute les plus dures, mais c'est ce qu'il faut pour atteindre notre objectif, celui d'agir pour le développement de l'Afrique », conclut-il.
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