Exel Industries : l’innovation globale pour gagner en durabilité

Patrick Tristani, directeur de la transformation durable du groupe
Copyright Deloitte SAS
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Patrick Tristani, directeur de la transformation durable du groupe
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Labellisé par Deloitte au travers de son programme Best Managed Compagnies depuis quatre ans, l’entreprise démontre comment l’électrification, la technologie et l’évolution de son modèle d’affaires peuvent contribuer à rendre ses produits – et les secteurs qu’elle équipe – plus vertueux.
Exel Industries figure parmi les leaders de la pulvérisation, qu’il s’agisse de peinture pour l’automobile, de produits phytosanitaires dans l’agriculture ou d’eau pour l’arrosage et les loisirs. Pour la première fois en 2026, le groupe va publier un rapport de durabilité conforme à la CSRD. « La CSRD est une directive qui définit la méthodologie pour identifier les enjeux importants et qui standardise la communication réglementaire des politiques, plans d’action, objectifs et résultats obtenus. Nous nous y sommes préparés depuis plusieurs mois, et le premier rapport est de ce point de vue un accomplissement collectif. Celui qui marque les transformations d’ampleur entreprises afin d’accompagner la décarbonation de nos activités et les progrès que nous visons sur les questions sociales et de gouvernance. Ce rapport représentera un vrai tournant pour communiquer sur les initiatives de rupture que nous entreprenons », explique Patrick Tristani, directeur de la transformation durable du groupe. Une transformation d’autant plus intéressante à observer qu’elle illustre les défis de grands secteurs essentiels à l’économie française, l’industrie et l’agriculture.
Avec une large part de son activité consacrée aux agroéquipements, Exel s’est rapidement rendu compte qu’il partageait certaines des préoccupations du monde de l’automobile : la première source d’émission du groupe provient en effet des moteurs thermiques des pulvérisateurs et arracheuses de betteraves. Alors, tout comme le monde de l’automobile, il s’est concentré sur l’électrification. « Mais nous sommes aussi confrontés à des limites comparables à celles que connaît l’automobile, notamment la question de l’autonomie, des temps de recharge des moteurs électriques et de la disponibilité des infrastructures en plein champs ou à la ferme. A ces limites s’ajoutent le poids des batteries qui contribuerait à accentuer le tassement des sols, ce qui est préjudiciable à la biodiversité. Dans le monde agricole, le tout électrique n’est pas encore possible. Nous travaillons donc sur la réduction de la consommation globale de la machine et l’amélioration de son rendement énergétique ainsi que sur la nature de l’énergie utilisée (petites batteries ou HOV) afin de proposer des solutions hybrides plus performantes. »
Un exemple qui illustre la recherche de solutions pragmatiques et efficaces du groupe en matière de durabilité. Cette logique le pousse également à s’attaquer à la principale source d’émission de son autre activité, la pulvérisation de peinture. « La première cause d’émissions pour pulvériser la peinture est l’utilisation d’air comprimé qui est obtenu avec de l’énergie électrique convertie en énergie pneumatique, avec au passage une perte de rendement supérieure à 70%. De plus, la peinture pulvérisée émet des polluants appelés Composés Organiques Volatils (COV). Nous avons donc trouvé une alternative, qui consiste à l’imprimer. Mais cela représente un véritable défi industriel. »
Dans sa division agro-équipements, Exel élabore ses innovations de rupture dans un centre de R&D créé il y a quatre ans, Exxact Robotics. Y sont développées des initiatives qui tentent de répondre à certains des grands défis de notre époque : préservation de la biodiversité et gestion de l’utilisation des produits phytosanitaires dans l’agriculture. « Nous voulons réduire l’exposition des sols, des cultures, des utilisateurs et des consommateurs à ces produits, et l’IA ouvre aujourd’hui des solutions inédites. En équipant nos pulvérisateurs de caméras et d’une IA entraînée, nous pouvons pulvériser les produits uniquement sur les mauvaises herbes, en évitant les cultures », détaille Patrick Tristani.
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Aux côtés de ces innovations industrielles, le groupe a également entrepris un virage stratégique. « Nous sommes à l’écoute des évolutions du marché, et il nous a paru indispensable de travailler à prolonger la durée de vie de nos produits, à privilégier la circularité, et à promouvoir les services, notamment l’analyse et le conseil, auprès de nos clients. » Une dynamique de transformation qu’il a été possible de suivre au fil des labellisations Best Managed Companies, puisque le groupe fait partie des premiers lauréats du label en France.
De son côté, Exel a vu dans ce label une occasion de confronter sa stratégie en matière de durabilité à ses pairs. « Il n’est pas toujours évident pour une ETI d’avoir une idée claire du degré d’avancement des autres sociétés sur les sujets de RSE. Le label nous offre donc un miroir pour évaluer nos avancées. Mais c’est aussi un forum, pour échanger sur nos pratiques avec les autres lauréats. » Des moments de partage que le Directeur de la transformation durable apprécie particulièrement.