Après deux ans de prospection intensive, ErVimmune (ex ErVaccine) décroche un financement de 17 millions d’euros, marquant l’entrée à son capital du fonds singapourien Sprim Global Investments, spécialisé dans la santé. Cette levée de fonds permettra à la startup de financer la phase clinique de son premier candidat vaccin thérapeutique contre le cancer du sein triple négatif et le cancer de l’ovaire.Trois ans après sa première levée de fonds de 4,5 millions d’euros, auprès du fonds français Seventure Partners, la biotech lyonnaise annonce la finalisation d’un tour de table de série A, d’un montant global de 17 millions d’euros comprenant financements dilutifs et non dilutifs. Cette opération se traduit par un réinvestissement de Seventure Partners et par l’entrée au capital (minoritaire) du fond singapourien Sprim Global Investments, spécialisé dans la santé et qui a complété son investissement en equity par un prêt, permettant ainsi à la biotech de bénéficier de liquidités rapidement sans compromettre son attractivité pour des investisseurs ultérieurs. Ces montants (dont le détail et la répartition restent confidentiels à ce stade) sont parachevés par des financements Bpifrance et France 2030, déjà acquis au préalable mais dont le déblocage était lié à cette levée de fonds.
Financer la phase clinique
Cette levée de fonds doit permettre à la société lyonnaise de financer, en 2027, la phase clinique de son premier candidat vaccin thérapeutique qui aura pour indication les cancers du sein triple négatif et les cancers de l’ovaire. Cette opération se traduit par ailleurs par l’arrivée à la présidence exécutive d’Eric Halioua, ex-CEO notamment de PDC*Line Pharma ou de Promethera Sciences, et aguerri aux levées de fonds.
« Nous ciblons les patientes pour lesquelles l’arsenal habituel de thérapies ne fonctionne pas et celles pour lesquelles les risques de rechute sont importants. Pour ces cas-là, il existe un besoin important de nouvelles solutions », précise Stéphane Depil, fondateur de la start-up en 2019, onco-hématologue et directeur du programme d’immunothérapie du centre lyonnais de lutte contre le cancer Léon Bérard.
Le potentiel n’est pas négligeable. En 2022, le cancer du sein a été le deuxième type de cancer en termes d’incidence au niveau mondial, avec près de 2,3 millions de nouveaux cas diagnostiqués (et le premier chez la femme). En matière de mortalité, il se situe au quatrième rang (après le cancer du poumon, du colon-rectum et du foie) avec près de 670 000 décès en 2022. Parmi ces cancers du sein, 15 % étaient de type dit triple négatif, un cancer particulièrement agressif et répondant mal aux protocoles habituels.