Le principe du cool roofing ou toit frais est simple : appliquer un revêtement blanc réfléchissant sur les toitures afin de renvoyer les rayons du soleil et limiter l'échauffement des bâtiments. Bien qu'il demeure aujourd'hui un marché de niche, ce secteur connaît une forte accélération, porté par les épisodes de chaleur extrême.
Pendant longtemps, le cool roofing a surtout intéressé quelques industriels. Mais les épisodes de chaleur de plus en plus fréquents changent la donne. Chaque vague de chaleur entraîne une hausse des demandes de devis, tandis que les entreprises ayant souffert un été donné programment généralement leurs investissements l'année suivante.
Chez Enercool, société nantaise fondée en 2020, l'accélération est notable. « Les canicules et l'ampleur que cela a pris cette année, c'est vraiment particulier », observe Adeline Constant, cofondatrice de l'entreprise. Alors que les dossiers concernaient auparavant des surfaces de 1 000 à 5 000 m², l'entreprise reçoit désormais des dizaines de demandes portant sur 10 000, 20 000 voire 50 000 m².
Même constat chez ALFACOOL. « Il y a eu une forte hausse de la demande depuis les premières vagues de chaleur », explique son fondateur Romuald Borie. L'entreprise, également créée il y a six ans, prévoit un chiffre d'affaires proche de 250 000 euros en 2026, soit trois fois plus que l'an dernier, avec quelque 30 000 m² de toitures traitées contre 10 000 m² auparavant. Partout sur le territoire, les acteurs du secteur constatent une nette accélération de la demande. Ainsi, Covalba (Orléans) reçoit actuellement entre 50 et 80 demandes de devis par jour, contre une quinzaine habituellement.
Une réponse concrète aux enjeux énergétiques
Si le contexte climatique joue un rôle majeur, les évolutions réglementaires favorisent également l'essor du marché. Le décret tertiaire impose en effet aux bâtiments concernés de réduire progressivement leur consommation énergétique, avec des objectifs de -30 % en 2030, -50 % en 2040 et -60 % en 2050.
Le cool roofing constitue une brique supplémentaire pour atteindre ces objectifs. Les revêtements réfléchissants limitent l'échauffement des toitures et réduisent les besoins en climatisation. Selon les professionnels du secteur, les économies réalisées sur les consommations de froid atteignent généralement 15 à 20 %, avec des gains plus importants sur certains bâtiments particulièrement exposés.
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