Mi-juin, un nouveau cap a été franchi dans la réserve naturelle des Contamines, en Haute-Savoie. Alors que la baignade dans les lacs y est déjà interdite depuis quelques années, c'est désormais le bivouac qui est ciblé par une obligation de réservation dans les trois aires autorisées et son interdiction en dessous de 2500 mètres d'altitude. Quelques jours plus tard, le parc national des Pyrénées annonçait à son tour contraindre la réglementation en vigueur en interdisant toute baignade, navigation ou randonnée aquatique dans la zone cœur du parc et la réserve naturelle du Néouvielle.
Des décisions qui suivent le même objectif : préserver des espaces naturels fragiles et fragilisés sans freiner une activité touristique présentée comme essentielle à la vie économique de ces territoires. Ce, alors que la fréquentation gagne en intensité sur certains sites.
« Si on s'appuie sur les chiffres des refuges, on observe que la réalité est complexe et dépend des sites. La fréquentation a, par exemple, baissé dans les refuges de haute montagne », précise Camille Girault, enseignant-chercheur en géographie au laboratoire Edytem (Université Savoie Mont Blanc et CNRS). « Et même pour les sites fréquentés, il y a une grande variabilité à la fois spatiale et temporelle », souligne Alice Nikolli, également enseignante-chercheuse dans ce laboratoire. Ce qui amène le maire des Contamines-Montjoie, Basile Dunand, à évoquer des « pics de fréquentation » restreints à certains sites et sur une période limitée, plutôt qu'une « surf-fréquentation ».