Cybersécurité : changement de paradigme avec l’intelligence artificielle

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La Tribune Now - Actualités et analyses
« L’antivirus reste utile, mais c’est une vision passée de la cybersécurité. Aujourd’hui, il ne suffit plus », annonce d’emblée Benoît Grunemwald, directeur des affaires publiques d’ESET. L’éditeur de logiciels européen, né il y a plus de 30 ans, constate en effet une évolution des techniques usées par les criminels. Et leur premier atout, ce sont nos failles individuelles. « Ils font travailler l’humain contre lui, en exploitant nos biais, jouant sur la pression, l’ignorance, ou par astuce. » Néanmoins, quelle que soit la méthode employée, elle requiert à une étape un élément technique, une connexion à réaliser, un lien à suivre ou un document à télécharger. « Une défense en profondeur va pouvoir déjouer l’attaque, détecter les opérations malveillantes. »
L’erreur, finalement, serait de se sentir non concerné par les risques cyber. A l’heure de l’intelligence artificielle, les mécanismes se font de plus en plus sophistiqués. A l’instar du piège tendu sur LinkedIn par de faux recruteurs alignés avec la Corée du Nord aux employés de sociétés européennes de drones. Avec l’intelligence artificielle, ils ont réussi à modifier leur image et organiser des entretiens en visio, porte d’entrée pour une attaque. Biais humains et innovations technologiques, un cocktail dangereux.
L’augmentation des risques tient aussi à une évolution de nos modes de vie et de travail, qui reposent sur des objets connectés – et interconnectés. Or chacun d’entre eux représente une porte d’entrée pour une cyber attaque, confirme Benoît Grunemwald: « La télévision est reliée au réseau internet, une imprimante est connectée à l’ordinateur. Un pirate peut en prendre le contrôle et ainsi récupérer les documents scannés : papiers d’identité, documents bancaires, contrats… » D’où l’importance d’opter désormais pour des suites de cybersécurité, capables de surveiller tout le réseau. Y compris, bien entendu, le smartphone, sur lequel sont réalisées de plus en plus d’opérations sensibles, entre paiements et comptes bancaires. ESET a ainsi élaboré une application disponible sur Windows et Android, capable de scanner les appareils du foyer sans avoir à installer de solution spécifique sur chaque appareil. « L’objectif est d’éviter l’empilement d’outils disparates, au profit d’une protection intégrée. »
La technologie n’exempte pas d’une bonne conduite. Le spécialiste de la cybersécurité rappelle ainsi l’importance d’accepter toutes les mises à jour proposés par les appareils : ordinateur, smartphone, mais aussi imprimante, télévision. Seul moyen d’obtenir les correctifs des failles de sécurité. Deuxième levier de protection, les mots de passe. Chaque compte doit en avoir un différent, et complexe, d’où l’utilité de recourir à un gestionnaire de mots de passe. L’authentification multifacteurs reste aussi l’un des meilleurs moyens de protéger ses comptes, rappelle le directeur des affaires publiques d’ESET. « Enfin, mieux vaut toujours privilégier les applications officielles, plutôt que de cliquer sur un lien. Le suivi d’un colis, par exemple, doit se faire directement depuis le site du transporteur. »
Face à des attaques plus nombreuses et surtout plus qualitatives grâce à l’intelligence artificielle, l’inaction peut coûter très cher. « Nous avons vu des vies brisées par des fraudes au faux conseiller bancaire, avec le même type de conséquences que les cambriolages. » Contre la professionnalisation des hackers, la sécurité doit faire l’objet d’une stratégie planifiée pour couvrir toute la vie numérique.
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