Face à ce qu’ils jugent être une inertie de la Commission européenne, des eurodéputés appellent Ursula von der Leyen à sortir de l’attentisme sur la protection des mineurs en ligne. En laissant le sujet s’enliser, Bruxelles risque selon eux d’encourager une fragmentation des règles entre États membres.Léger coup de pression à Bruxelles sur la protection des mineurs en ligne. Dans une lettre consultée par La Tribune, une dizaine d’eurodéputés (majoritairement issus du groupe Renew et de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates) exhortent la présidente de la Commission européenne à accélérer sur la mise en place d’une politique européenne concrète de protection des mineurs, limitant notamment leur accès aux réseaux sociaux et à d’autres services numériques à risque, comme les chatbots conversationnels.
La Commission avance trop lentement selon les députés
Rédigé par Stéphanie Yon-Courtin (Renew) et cosigné notamment par Nathalie Loiseau, Sandro Gozi (Renew) ou encore Maria Grapini (S&D), le texte dénonce l’absence de mesures concrètes malgré les engagements répétés de la Commission. Ursula von der Leyen avait promis, dès septembre, la création d’un panel d’experts chargé de formuler des recommandations sur le sujet. « À ce stade, les actions font défaut et les initiatives n’avancent pas assez vite », déplorent les signataires, qui réclament un plan d’action et un calendrier précis. Interrogée sur l’avancée de ce panel, la Commission européenne ne nous a pas encore répondu.
Les eurodéputés pressent par ailleurs Bruxelles de publier rapidement les résultats des tests en cours sur une solution de vérification de l’âge fondée sur le portefeuille d’identité numérique européen (EU Digital Identity Wallet), actuellement expérimentée dans plusieurs États membres. Cette lettre s’inscrit dans la continuité d’un rapport d’initiative non contraignant adopté en novembre par la commission du marché intérieur du Parlement européen. Le texte propose d’interdire totalement l’accès aux réseaux sociaux et aux assistants d’intelligence artificielle aux moins de 13 ans, et de le conditionner à une autorisation parentale pour les 13-16 ans. Il appelle à instaurer une majorité numérique harmonisée à 16 ans dans l’ensemble de l’Union.