L'Anssi met en garde : « Nous sommes en train de perdre la bataille contre les vulnérabilités logicielles »
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Vincent Strubel, directeur général de l'ANSSI.
Patrick Gaillardin
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Vincent Strubel, directeur général de l'ANSSI.
Patrick Gaillardin
« Aujourd’hui, on a accès à davantage d’informations sur une saucisse que sur un logiciel qu’on achète ». La formule pourrait prêter à rire si elle n’émanait de Vincent Strubel, le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations (ANSSI), auditionné, ce jeudi 30 avril, à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur les vulnérabilités systémiques numériques de la France. Mais c’est avec le plus grand sérieux que l’ingénieur a dressé la liste de nos fragilités et de nos dépendances numériques devant les députés.
Le constat est grave, selon lui, parce que nos vulnérabilités numériques sont omniprésentes. Sans doute parce que nous avons développé notre environnement numérique dans une phase de paix, en excluant la possibilité de tensions ou de crises internationales. Résultat, « les dépendances ne sont pas maîtrisées, pas tracées, infiniment trop complexes, les risques n'ont pas été verbalisés ou formalisés », énumère Vincent Strubel. Et de conclure sans appel : « Il faut se préparer à un scénario dans lequel l'escalade géopolitique se traduirait aussi par une massification et une coordination des cyberattaques ».
Outre les bonnes pratiques de cybersécurité à adopter massivement de façon urgente, le directeur de l’ANSSI convient qu’il faudrait réduire nos dépendances technologiques à des pays non européens pour éviter qu'ils aient accès à nos données et réduire les risques de kill switch d'un service. Il défend pour cela toujours avec force la qualification SecNumCloud et son attribution, malgré les polémiques, à une solution hybride comme S3NS où le Français Thales opère une technologie américaine de Google.
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