W, le réseau social européen qui compte défier X

Dans le sillage de W, d'autres initiatives européennes tentent également de se faire une place dans un marché ultra-concentré.
AFP - AFP or licensors - NICOLAS TUCAT

Dans le sillage de W, d'autres initiatives européennes tentent également de se faire une place dans un marché ultra-concentré.
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Le réseau social W, conçu comme une alternative européenne à la plateforme X d’Elon Musk, a officiellement lancé sa première version publique. Une entrée dans le grand bain numérique pour un acteur qui entend capitaliser sur un argument central : la confiance.
Annoncé en janvier à Davos, W — clin d’œil assumé à la lettre suivant X dans l’alphabet — se positionne comme un concurrent des géants américains en promettant une rupture sur la gestion des données et la lutte contre les contenus automatisés. Basé en Suède, le service revendique une ambition claire : réconcilier réseau social et vérification de l’identité.
Dès son lancement, la plateforme a reçu le soutien de plusieurs personnalités européennes, dont le président du Conseil européen António Costa. Dans un premier message publié sur W, le dirigeant portugais a salué « une plateforme sur laquelle les données sont entièrement hébergées en Europe, la lutte contre la désinformation est une priorité, et les utilisateurs sont tous des humains vérifiés ».
Car c’est là le cœur du modèle de W : l’identification obligatoire à l’inscription. Chaque utilisateur doit prouver son identité via une application distincte, en scannant carte d’identité ou passeport. Une fois cette étape franchie, l’usage d’un pseudonyme reste possible, mais la plateforme garantit que chaque compte correspond à une personne réelle. Une différence assumée avec les grands réseaux où prolifèrent faux comptes et contenus automatisés, les fameux “bots”.
Dans le sillage de W, d’autres initiatives européennes tentent également de se faire une place dans un marché ultra-concentré. Des projets comme eYou ou Eurosky — une plateforme d’accès à des réseaux sociaux indépendants lancée mi-avril — illustrent une dynamique plus large. Bulle, qui se définit comme un « réseau social sain », est apparu en janvier, tandis que Monnett, positionné entre TikTok et Instagram, prévoit une version aboutie début juillet.
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Cette effervescence intervient dans un contexte de tensions persistantes entre l’Europe et les États-Unis sur les questions numériques. Elle alimente l’intérêt pour des alternatives locales aux géants américains, sans pour autant garantir leur succès.
Car la marche reste haute. Le paysage européen demeure largement dominé par les plateformes américaines et asiatiques. Facebook et Instagram, appartenant à Meta, cumulent 259 millions d’utilisateurs dans l’Union européenne, devant TikTok (135,9 millions) et X (115,1 millions), selon les données communiquées à la Commission européenne.
Reste donc à savoir si ces nouveaux entrants parviendront à transformer l’essai face à des acteurs déjà solidement ancrés dans les usages. « Les réseaux sociaux proviennent de pays situés hors d’Europe. Nous leur donnons notre argent, nos données et notre attention », a dénoncé Anna Zeiter, la patronne de W, venue à Bruxelles présenter ce nouvel outil. Une ligne offensive qui résume l’ambition du projet : déplacer, au moins partiellement, le centre de gravité des réseaux sociaux vers l’Europe.
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