La Bourse de New York évolue dans le rouge mardi, rattrapée par les craintes autour des niveaux de valorisation vertigineux des grands noms de l'intelligence artificielle.
Trente minutes après l'ouverture de la Bourse à New York, l'indice Nasdaq, indice technologique américain, subissait des mouvements de vente, tout comme le S&P 500 et le Dow Jones. L'onde de choc se propageait avec moins d'intensité à l'Europe continentale, deux heures avant la fin de la séance.
Le coup de semonce sur les valeurs de la tech, qui avaient permis au marché d'encaisser le choc de la guerre au Moyen-Orient, touche les Bourses mondiales malgré la baisse du pétrole et la poursuite des pourparlers entre l'Iran et les États-Unis.
Trente minutes après l'ouverture à New York, l'indice Nasdaq subissait des mouvements de vente (-1,18 %) comme la veille (-2,44 %), tout comme le S&P 500 (-0,87 %) et le Dow Jones (-0,23 %) dans sa spirale baissière. L'onde de choc se propageait avec moins d'intensité en l'Europe continentale deux heures avant la fin de la séance (Paris -0,41 %, Milan -1,36 %, Francfort -0,74 %). Londres repassait dans le vert (+0,12 %).
En Asie, le « triangle d'or » Séoul-Tokyo-Taïwan, pourvoyeur d'ordinateurs (Samsung) ou de puces (TSMC), a lourdement encaissé le coup de semonce sur les valeurs de la tech (- 9,99 % pour Séoul, -3,55 % à Tokyo, -1,12 % à Taïwan).
Les dépenses liées à l'IA suscitent des interrogations
Les entreprises de semi-conducteurs, indispensables pour construire les centres de données où sont entraînés les modèles d'IA, dévissent partout. À Séoul, Samsung Electronics a dégringolé de 12,31 %. En Europe vers 16 heures, ASML perdait 4,20 % à Amsterdam et STMicroelectronics 7 % à Paris.
Ce mouvement rappelle « que les interrogations sur les dépenses colossales liées à l'intelligence artificielle demeurent bien présentes », détaille l'analyste John Plassard chez Cité Gestion. « Alphabet a lourdement pesé (lundi) sur les indices après le départ de John Jumper, prix Nobel de chimie 2024 et figure emblématique de Google DeepMind, vers Anthropic, ravivant les inquiétudes sur la guerre des talents dans l'IA », ajoute-t-il.
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« Palantir, Amazon et Meta ont également reculé, alors que certains investisseurs commencent à s'interroger sur le retour sur investissement des centaines de milliards de dollars engagés dans cette révolution technologique ».
La Fed pourrait relever ses taux dès juillet
De son côté, SpaceX a aussi inquiété les marchés en perdant lundi 16,43 % à 154,60 dollars, dix jours après son entrée en Bourse de tous les records.
Cela a notamment fait suite à l'annonce « de SpaceX d'emprunter jusqu'à 20 milliards de dollars », rappelant que sa « récente introduction en Bourse n'a pas suffi à combler les besoins de financement de l'entreprise », selon Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote Bank. SpaceX repassait dans le vert vers 16 heures (+1,87 %).
Enfin, « les marchés commencent à prendre conscience que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait relever ses taux dès juillet », face à la montée de l'inflation dans la première économie mondiale, selon Neil Wilson, de Saxo Markets.
Or, « nous avons assisté à un afflux de capitaux si massif et si rapide vers les secteurs de la technologie et de l'IA que ce type de réévaluation des taux ne manquera pas d'entraîner des sorties précipitées », a-t-il ajouté.
Le pétrole se stabilise
Autre point d'attention des marchés : les discussions entre Téhéran et Washington pour aboutir à un accord final au Moyen-Orient.
L'Iran a refusé mardi l'accès à ce stade d'inspecteurs de l'AIEA à ses sites clés bombardés, alors que Donald Trump a assuré que Téhéran acceptait des inspections nucléaires « du plus haut niveau », nouveau possible point d'achoppement dans le règlement du conflit au Moyen-Orient malgré le démarrage des pourparlers.
Malgré ces informations contradictoires, les prix du pétrole continuaient de refluer vers 16 heures (77,15 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, -0,96 % et 73,23 dollars pour le WTI américain, -0,85 %). Le dollar progressait face à l'euro, à 1,1393 dollar pour un euro. Côté obligataire, le taux d'intérêt à échéance dix ans de la dette allemande, référence européenne, atteignait 2,90 %, contre 2,95 % la veille en clôture.