La liaison ferroviaire à très grande vitesse entre Milan et Nice est un enjeu majeur pour les relations économiques entre la France et l'Italie.
Colombe Laferté
Face à la congestion autoroutière entre la France et l’Italie, la perspective d’une liaison ferroviaire à grande vitesse en trois heures entre les deux métropoles est très attendue par le monde économique français comme italien. Un projet que pousse la Chambre de commerce italienne.
Espresso Riviera, cette expérience – réussie – d’un train à petite vitesse menée par Treni Turistici Italiani durant la période estivale entre Rome et Marseille était bien plus qu’une opération touristique. « Cette liaison nous a permis de transporter des touristes italiens comme français, certes mais elle nous aussi permis de renforcer les liens avec la SNCF », explique Agostino Pesce. Le directeur général de la Chambre de commerce italienne, basée à Nice, ne perd pas de vue l’objectif ultime : obtenir une ligne à grande vitesse entre la capitale de la Lombardie qu’est Milan et la capitale de la Côte d’Azur qu’est Nice.
Une liaison autoroutière asphyxiée
Il faut dire que les liaisons entre la France et l’Italie sont loin d’être à la hauteur de ce que l’on peut attendre entre deux pays qui partagent un bout d’histoire et des relations économiques fortes. Pour rappel, la France est le deuxième partenaire commercial de sa voisine transalpine, elle-même troisième partenaire commercial de l’Hexagone. En 2024, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 98,9 milliards d’euros, en recul par rapport à 2023 où ils dépassaient les 100 milliards d’euros.
Des liaisons complexes donc, à commencer par la liaison autoroutière. « L’autoroute A8 (qui relie la France et l’Italie, NDLR) est constamment congestionnée. Auparavant, le trajet Nice-Gênes nécessitait deux heures. Désormais il faut compter trois heures. Et nous savons désormais qu’il n’y aura pas de projet de doublement. La priorité, c’est donc un train à grande vitesse qui relie Nice à Milan », argumente Agostino Pesce, rappelant que le vaste plan de mise en conformité des infrastructures routières italiennes mis en place après l’accident du Pont de Gênes survenu en 2018 et toujours en cours n’est pas fait pour fluidifier le trafic.
Pour Agostino Pesce, le directeur de la CCI Italienne à Nice, une liaison à grande vitesse entre Mialn et Nice est nécessaire pour les relations économiques (Crédits : CCitalienne)