Crise de l'automobile : Volkswagen va à son tour suspendre la production de deux usines en Allemagne
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Une ID.4 électrique sur une ligne de l'usine Volkswagen de Zwickau en Allemagne, en avril 2022.(Photo d'illustration).
MR/DOE - REUTERS - MATTHIAS RIETSCHEL
Crise de l'automobile : Volkswagen va à son tour suspendre la production de deux usines en Allemagne
La crise de la demande de voitures électriques frappe le cœur de l'industrie européenne. Après l'équipementier Bosch, qui supprime 13 000 postes, Volkswagen annonce la suspension temporaire de la production dans deux de ses usines allemandes dédiées à l'électrique. Un mouvement de réduction de voilure qui touche aussi Stellantis, avec l'arrêt temporaire de son usine de Poissy, sur fond d'inquiétudes syndicales quant à l'avenir du site.
Les sites concernés par cette suspension d'une semaine sont consacrés à l'électrique, dont les ventes sont à la peine. Volkswagen rejoint ainsi la liste des constructeurs, équipementiers qui annoncent des fermetures temporaires ou suppressions de postes face à un marché de l'automobile européen en crise.
Les annonces se multiplient. Ce vendredi, c'est au tour de Volkswagen d'annoncer la suspension de la production dans deux de ses sites en Allemagne. Certes, cette décision est temporaire, mais elle confirme la crise qui touche le secteur automobile sur le Vieux Continent.
Volkswagen « interrompra la production de véhicules sur ses sites de Zwickau et de Dresde », en Saxe dans l'est du pays, « durant la première semaine des vacances d'automne » qui débutent le 6 octobre, a précisé un porte-parole. « Nous adaptons ainsi notre programme de production à la situation du marché », a-t-il ajouté. Autrement dit, à une demande moins forte que prévu, en particulier pour les voitures électriques. Les deux usines concernées sont d'ailleurs consacrées à ces véhicules. Le site de Zwickau assemble les Audi Q4 e-tron, d'une des marques premium du groupe, ainsi que les Volkswagen ID.3 et ID.5.
Suppressions de postes
Le marché automobile est traversé par une « grande incertitude », avec « le conflit douanier avec les États-Unis et le débat en Allemagne sur la sortie du moteur thermique », deux facteurs qui « incitent les clients à hésiter avant d'acheter des véhicules électriques », développe le porte-parole.
Un contexte qui pénalise également les autres entreprises du secteur à l'instar de l'équipementier Bosch qui a annoncé, jeudi, la suppression de 13 000 postes supplémentaires, soit un dixième de ses effectifs en Allemagne, évoquant également la faible demande pour les véhicules électriques.
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Début septembre, Ford avait également fait savoir qu'il allait supprimer jusqu'à 1 000 postes dans son usine de Cologne, dédiée à l'électrique.
Volkswagen prévoit, en outre, de cesser définitivement la production l'ID.3, à Dresde, fin 2025, selon un accord datant de fin 2024. Celui-ci, conclu avec les représentants du personnel, prévoit la suppression de 35 000 emplois d'ici 2030, soit 29 % de ses effectifs en Allemagne, mais sans fermeture d'usine ni licenciements économiques.
Par ailleurs, le site d'Emden, en Basse-Saxe dans le Nord, spécialisé dans les Volkswagen ID.4 et ID.7, a déjà réduit les horaires de travail des salariés et la production y sera également interrompue plusieurs jours au cours des prochaines semaines, rapporte l'agence Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier. Interrogé par l'AFP, Volkswagen n'a pas voulu confirmer ces informations.
Fermeture temporaire de l'usine Stellantis de Poissy
En France également, l'activité est ralentie. Au point que Stellantis a annoncé, le 22 septembre dernier, que son usine de Poissy dans les Yvelines, dernier site d’assemblage automobile d’Île-de-France, sera totalement à l’arrêt pendant trois semaines en octobre. Le groupe a confirmé lundi que ses 2 000 salariés seraient placés en chômage partiel et en congés en raison d’un « marché difficile en Europe ».
Une décision qui inquiète les syndicats, ces derniers craignant que cette mesure préfigure un désengagement plus large. « La direction accélère le plan de fermeture de l’usine », estimait ainsi Jean-Pierre Mercier, représentant syndical SUD, rappelant que la production du SUV Opel Mokka, modèle phare du site, doit s’arrêter en 2028 et qu’« aucun nouveau véhicule n’est annoncé ».
Et pour cause, sur les huit premiers mois de l'année, le groupe franco-italo-américain a, de nouveau, vu encore ses immatriculations plonger en Europe (-7,4 %, hors utilitaires), selon l’ACEA (Association des constructeurs européens). Et ce, alors que le marché total est resté quasi-étale (+ 0,4 %).
En plus de l'usine de Poissy, le constructeur va arrêter la production du site d'Eisenach en Allemagne, où est produit le nouveau SUV Grandland de la marque Opel, pendant deux jours en octobre. Saragosse en Espagne sera fermée du 6 au 10 octobre, l’usine polonaise de Tychy pendant huit jours. Stellantis suspendra également la production des Fiat Panda et Alfa Romeo Tonale fin septembre, début octobre à Pomigliano d’Arco, près de Naples.