« Le marché automobile français est sur un rythme de 1,7 million de voitures neuves par an seulement, contre 2,1 millions en moyenne entre 2010 et 2020 », constate Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem, filiale de Paribas spécialisée dans l’analyse auto. « On devrait être autour de 1,5 et 1,6 million cette année », renchérit, encore plus pessimiste, un expert du commerce de véhicules.
Sur l’ensemble de l’Europe, le marché est, pour sa part, en retrait de presque cinq millions d’unités annuelles par rapport à la période d’avant Covid. Et celui des utilitaires ne se porte guère mieux : représentant « 2 millions de véhicules environ par an, il pourrait perdre 350 000 unités cette année », avertissait au dernier salon de Munich Jean-Philippe Imparato, directeur Europe de Stellantis.
Baisse du pouvoir d’achat, renchérissement des véhicules, incertitudes sur l’avenir des réglementations européennes, électrification forcée malgré un faible engouement des clients, expliquent cette chute. En conséquence, les usines réduisent la voilure. Sur le site Stellantis de Poissy (Yvelines), 2 000 salariés seront ainsi au chômage partiel en octobre. Et ces arrêts de production se multiplient en Europe. La Fédération italienne de la métallurgie (FIM) s’inquiète ainsi pour l'usine Stellantis de Pomigliano d'Arco, près de Naples plongée dans la crise profonde qui touche l'industrie automobile.