La France et l’Allemagne, mais aussi Renault et Stellantis, divergent dans leurs approches. Devant des prises de position parfois contradictoires, la Commission pourrait repousser la date butoir du 10 décembre pour l’annonce de ses mesures automobiles. Normes sur les utilitaires, réglementation sur les petites voitures, contenu local européen… sont au programme.La date butoir du 10 décembre semble de plus en plus aléatoire. « Nous n’avons aucune information sur ce qui se passe à la Commission, ce qui est inhabituel. Cela nous suggère un possible report de la date », souligne un constructeur automobile. « Cela pourrait être retardé. Et c’est pour une bonne raison, car nous y travaillons encore », confirme le commissaire européen aux transports durables et au tourisme Apostolos Tzitzikostas, dans un entretien avec quatre journaux européens, dont Les Echos.
L’industrie automobile européenne va devoir attendre le verdict de Bruxelles, possiblement jusqu’en janvier, pour savoir à quelle sauce elle risque d’être mangée. Il est vrai que la Commission a fort à faire devant les demandes divergentes, voire contradictoires, entre pays, constructeurs, et entre ces derniers et les équipementiers.
« 2035, c’est loin »
Fervent soutien de son industrie automobile, le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé vendredi dernier qu'il allait envoyer « une lettre à la présidente de la Commission européenne » Ursula von der Leyen. « Je vais demander que la Commission autorise après 2035 les véhicules électriques, mais aussi les véhicules à propulsion hybride » rechargeables, a promis le chancelier allemand. Tout en réclamant « l'homologation de moteurs thermiques à très haute efficacité ».
Berlin a le soutien du gouvernement italien de Giorgia Meloni. Le nouveau directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a salué dimanche « le soutien apporté par le gouvernement allemand à la révision de la réglementation européenne ». Celle-ci prévoit que les véhicules non électriques neufs seraient interdits à la vente en 2035. Suite à la position publique de Friedrich Merz, une réunion s’est tenue ce mardi à Bercy avec la filière auto pour préciser la position automobile française. Fin octobre, la France et l’Espagne avaient appelé les dirigeants de l’Union européenne à « rester sur la bonne voie ». Les deux pays affirmaient que les véhicules zéro émission étaient « indispensables » pour atteindre les objectifs climatiques.