En berne depuis la pandémie, le transport fluvial recouvre lentement des couleurs sur le Rhône et la Saône, confirme Voies Navigables de France. Le fruit des investissements réalisés ces dernières années, du renouvellement de certaines sous-concessions et surtout d'une conjoncture favorable à des secteurs porteurs. Mais le conflit au Moyen-Orient pourrait freiner une partie de cette dynamique.Après plusieurs années en berne, le fret fluvial sur le bassin Rhône-Saône (de Marseille-Fos jusqu'à Pagny, en Côte-d'Or) a renoué avec une croissance timide de 3% en 2024. Une tendance que l'année 2025 est venue confirmer puisque le transport fluvial de marchandises s'est affiché en hausse de 8,6% l'an dernier, pour atteindre les 4,5 millions de tonnes.
Un résultat encourageant qui doit être consolidé et renforcé, confie Rachid Bioud, responsable bureau économie des transports chez VNF, l'objectif étant de retrouver « le trafic de référence ante-Covid, avec un peu plus de 6 millions de tonnes transportées ».
Un travail de longue haleine qui s'appuie sur des investissements nécessaires, le déploiement d'outils financiers et techniques et le renouvellement de certaines sous-concessions. Mais le responsable de VNF reconnaît l'importance de la conjoncture dans cette dynamique fluviale.
BTP, EVP et produits agricoles portent cette croissance
« La croissance observée en 2025 est portée par les filières elles-mêmes et cela s'observe à travers deux postes qui sont importants : les produits agricoles et les produits de construction, des filières historiquement clientes du transport fluvial », rappelle t-il.
A lui seul, le BTP, qui représente 40% des volumes transportés, a connu une hausse de 22% (pour 1,9 millions de tonnes transportés) grâce à la forte reprise des échanges intra-filières de sables et granulats, au développement des importations de clinker (un constituant du ciment, ndlr) depuis le Maghreb, mais aussi aux trafics de sels industriels.
Deuxième secteur porteur : les produits agricoles et surtout céréaliers, qui ont vu leurs volumes transportés prendre 10,4% en un an pour atteindre les 611.000 tonnes. Le fruit d'une « bonne récolte réalisée par la filière céréalière qui s'est traduite par une sur-exportation », indique Rachid Bioud. Un segment qui concerne surtout la Saône, dont tous les ports sont équipés de silos de transbordement et comptent, dans leur périmètre, de grands acteurs céréaliers comme la coopérative Bourgogne du Sud, Oxyane ou encore Dijon Céréales. « Pour certains transporteurs, cet export représente parfois un tiers de leur fonds de commerce », pointe Rachid Bouid.