Le groupe automobile allemand a vu son bénéfice net reculer à 7,45 milliards d’euros en 2025, soit une baisse de 3 %, sur fond de chute de son activité en Chine, de tensions douanières et d’une cure d’austérité massive qui touche directement l’innovation.Le rideau se lève sur les résultats annuels de BMW pour l’exercice 2025, et le constat est sans appel : même le « bon élève » de Munich commence à vaciller. Si le bénéfice net de 7,45 milliards d’euros affiche une baisse contenue de 3 % sur un an, l’érosion des indicateurs opérationnels révèle une réalité industrielle bien plus sombre. Le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 6,3 %, s’établissant à 133,5 milliards d’euros, plombé par une conjoncture internationale devenue hostile au modèle exportateur germanique.
L’Ebit de la division automobile, le poumon financier du groupe, s'est effondré de 20,7 % pour atteindre 6,26 milliards d’euros, soit une marge de 5,3 %. Un chiffre qui reste certes dans la fourchette de ses prévisions, mais qui marque un recul d'un point en seulement douze mois. Pour 2026, la direction ne promet aucune embellie majeure et vise une rentabilité coincée dans un tunnel étroit entre 4 % et 6 % pour son activité automobile.
La Chine, d’eldorado à zone de turbulences
Pendant deux décennies, la croissance de l'automobile allemande a été indexée sur l'appétit insatiable de la classe moyenne chinoise. En 2025, ce moteur s'est brutalement enrayé : les livraisons de BMW en Chine ont chuté de 12,5 %, une contre-performance que les gains modestes sur le marché américain (+ 5 %) ne parviennent pas à compenser.
Outre la concurrence féroce des constructeurs locaux comme BYD ou NIO, BMW doit composer avec des vents contraires macroéconomiques : des effets de change négatifs liés au renminbi et, surtout, l'impact frontal des barrières douanières. Les taxes imposées par l’Union européenne sur les véhicules électriques produits en Chine, croisées avec les droits de douane américains sur les métaux et les importations, ont amputé la marge opérationnelle de BMW d’environ 1,5 point sur l'année. C'est le paradoxe du constructeur globalisé : il est désormais pris en étau par les politiques protectionnistes des blocs entre lesquels il opère.