Stellantis rejoint BMW et Mercedes dans la contestation de l'interdiction des moteurs thermiques en 2035
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Nouvelle salve contre l'interdiction des moteurs thermiques. Après BMW et Mercedes-Benz, c'est au tour d'Antonio Filosa, le nouveau directeur général de Stellantis, de contester l'objectif fixé par l'Union européenne d'interdire à partir de 2035 la commercialisation de voitures neuves à essence, diesel et hybrides. Un calendrier jugé « pas réaliste » sans l'introduction de « flexibilités » permettant aux constructeurs de traverser la crise.
L'UE a acté cette mesure emblématique du Pacte vert en mars 2023, avec une clause de revoyure en 2026. Mais face aux ventes poussives de modèles électriques, à la montée en puissance de la concurrence chinoise, aux droits de douane américains et à la baisse des bénéfices, les critiques se multiplient. BMW a proposé vendredi de repousser l'échéance à 2050. Une semaine plus tôt, Ola Källenius, patron de Mercedes et président de l'ACEA, avait qualifié 2035 « d'inatteignable ».
Sous pression, Bruxelles a déjà assoupli au printemps ses objectifs intermédiaires d'émissions de CO2. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, doit ouvrir la semaine prochaine un « dialogue stratégique » avec l'industrie automobile, en marge du salon de Munich. Mais pour Antonio Filosa, « il faut maintenant passer du dialogue stratégique à l'action stratégique. Et vite. Il ne faut pas sous-estimer le déclin rapide de l'industrie automobile européenne ».
Le dirigeant plaide pour des mesures concrètes : primes à la casse ou à la reconversion pour verdir le parc, « supercrédits CO2 » pour les petites électriques, meilleure valorisation des hybrides. Objectif : redynamiser le marché, abaisser les coûts de production et rendre les voitures plus abordables.
Comme l'avait fait début juillet Jean-Philippe Imparato, directeur général d'Alfa Romeo au sein de Stellantis, Antonio Filosa insiste aussi sur les véhicules utilitaires légers, un segment « en souffrance » dont la trajectoire de décarbonation doit, selon lui, être assouplie de trois à cinq ans. « L'une de nos plus grandes usines d'utilitaires est dans le Nord, à Hordain », rappelle-t-il, estimant que des dizaines de milliers d'emplois sont en jeu.
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Dans un contexte de régionalisation des marchés sous la double pression des droits de douane et des réglementations, Antonio Filosa dit soutenir l'orientation européenne vers l'électrification complète, mais conteste « le rythme et la rigidité » d'une transition qui, selon lui, ne tient pas suffisamment compte « des réalités du marché ».
(Avec AFP)
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