Panama : Mulino active une « troisième voie » européenne pour le canal
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Un navire des garde-côtes américains est ancré à la base navale près de l’entrée du canal de Panama.
EL - REUTERS - REUTERS - Enea Lebrun
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Un navire des garde-côtes américains est ancré à la base navale près de l’entrée du canal de Panama.
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Rebondissement dans le dossier du contrôle du canal de Panama. Ce vendredi, le président panaméen, José Raúl Mulino, a annoncé discuter avec le géant danois du transport maritime Maersk pour une gestion temporaire des deux ports du canal reliant l’Atlantique au Pacifique.
« Des discussions ont progressé » avec « une filiale du groupe APM Moller Maersk, qui s’est montrée disposée à prendre temporairement en charge l’exploitation des deux terminaux » et qui possède les « capacités » et « l’expérience nécessaires », a affirmé José Raúl Mulino dans une déclaration enregistrée.
En appelant Maersk (via sa filiale APM Terminals), le Panama choisit un partenaire industriel pur plutôt qu’un fonds d’investissement. Ce mouvement déplace le dossier du terrain politique vers le champ opérationnel. Ce n’est pas un saut dans l’inconnu : en avril 2025, le groupe danois avait déjà racheté la Panama Canal Railway Company.
En récupérant ces ports, Maersk deviendrait l’unique opérateur capable d’intégrer totalement le « pont terrestre » ferroviaire et les terminaux maritimes. Cette stratégie créerait un monopole logistique inédit sur l’isthme, offrant au Panama une sortie honorable face au duel frontal entre Pékin (CK Hutchison) et Washington (BlackRock/Trump).
Cette annonce fait suite à la décision de la Cour suprême du Panama qui, jeudi, a annulé la concession du conglomérat hongkongais CK Hutchison sur les deux ports stratégiques. En déclarant ces contrats « inconstitutionnels » et « léonins », le président Mulino crée un précédent juridique. Il s’autorise ainsi à remettre à plat toutes les concessions portuaires du pays d’ici à la fin de l'année 2026.
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La Cour suprême de justice indique avoir « décidé de déclarer inconstitutionnel » le contrat de concession de janvier 1997. Cette concession porte sur les ports de Cristobal (côté Atlantique) et de Balboa (côté Pacifique), situés aux deux entrées du canal. Elle avait été renouvelée en 2021.
Cette décision fait suite à une demande de la Cour des comptes panaméenne après la publication d’un audit accablant. Le rapport révèle que le Panama n’avait perçu que 236 millions de dollars sur le 1,2 milliard dus par PCC (filiale de CK Hutchison) pour ses opérations portuaires.
Peu après l’annonce, ce vendredi, Pékin a promis de « protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises ». Cette annulation intervient dans un contexte tendu. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a menacé de « reprendre » le contrôle du canal, accusant l’infrastructure d’être sous influence chinoise. « La Chine fait tourner le canal de Panama », avait-il déclaré.
Dans un premier temps, « il y aura une période de continuité avec l’opérateur actuel », après laquelle « débutera une période de transition », a expliqué le président. Cette décision jette un flou sur un projet annoncé début 2025 : un consortium emmené par le géant BlackRock s’était accordé pour racheter une majorité de parts dans les ports. Avec l’irruption de Maersk, l’avenir de cette alliance financière est désormais incertain.
(Avec AFP)
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