Mexique, Panama, Canada... ces pays dans le viseur de Donald Trump

Cela va bientôt faire trois semaines que Donald Trump est aux commandes des États-Unis.
Brandon Bell

Cela va bientôt faire trois semaines que Donald Trump est aux commandes des États-Unis.
Brandon Bell
Cela va bientôt faire trois semaines que Donald Trump est aux commandes des États-Unis. Et déjà bien avant son investiture le 20 janvier, le républicain a enchaîné des annonces toutes plus tonitruantes les unes que les autres. Pire : il n'a pas caché certaines visées impérialistes.
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Le président a notamment menacé de reprendre le contrôle du canal de Panama qui se trouve, selon lui, sous l'influence de la Chine. Cette semaine, il a même déclaré que les navires américains seraient dispensés de péage, une information rapidement démentie par le président panaméen. Pour calmer les intentions du milliardaire, le Panama a annoncé sa sortie jeudi du projet d'investissement chinois des « Nouvelles Routes de la soie ».
Du côté de l'Arctique, le président américain souhaite racheter le Groenland au Danemark, voire le prendre par la force. Ce territoire regorge de minerais stratégiques et d'hydrocarbures et représente un enjeu de sécurité important face aux velléités de la Chine et de la Russie dans la région. Par ailleurs, avec le changement climatique, le Groenland se situe à un carrefour stratégique pour le commerce maritime. Le trafic dans la zone a ainsi augmenté de 37 % ces dix dernières années.
Donald Trump n'a pas non plus eu peur de déclarer cette semaine, lors d'une conférence de presse avec Benyamin Nétanyahou, qu'il souhaitait faire de la bande de Gaza la « Côte d'Azur du Moyen-Orient ». Et ce, après en avoir repris « le contrôle ».
Cela fait aussi une semaine que le président a lancé sa guerre commerciale. La Chine, le Canada — que le président a qualifié à de multiples reprises de « 51ᵉ État américain » — et le Mexique étaient dans le viseur du président qu'il leur reprochait de ne pas en faire assez sur la lutte contre le fentanyl et l'immigration clandestine.
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Washington a ainsi imposé une augmentation de 10 % des droits de douane sur les produits venant de Chine. Cette dernière a rapidement répliqué par des taxes sur le charbon, le gaz naturel liquéfié ou encore le pétrole. Trump a également sanctionné le Mexique et le Canada de 25 % de droits de douane, avant de suspendre au tout dernier moment ces mesures pour un mois. Les deux pays ont cédé sur certaines demandes du président, comme celle d'envoyer des militaires à leur frontière. Mais ils avaient aussi annoncé prendre des mesures de rétorsion si des taxes étaient mises en place.
Pour le moment, l'Europe est en sursis alors que le milliardaire avait promis de prendre bientôt une décision. Il estime que l'UE a « très mal traité » son pays. Mais en cas de taxes, l'UE a prévu de riposter.
En attendant, cette guerre commerciale pourrait surtout faire du mal aux États-Unis, en augmentant les prix pour les consommateurs américains. À prendre des décisions soudaines et bafouer les traités commerciaux en vigueur, Donald Trump envoie surtout le signal que le pays ne serait plus un partenaire commercial fiable.
Donald Trump a, par ailleurs, mis la lutte contre l'immigration clandestine en haut de ses priorités. Il a entamé des bras de fer avec de nombreux pays d'Amérique latine pour expulser les immigrés rentrés clandestinement sur le territoire américain. La Colombie a échappé in extremis à des droits de douane, après avoir refusé deux avions militaires américains avec à son bord des migrants. Le président colombien de gauche Gustavo Petro a finalement fini par céder, et a accepté d'accueillir désormais tous les ressortissants expulsés « sans restriction ».
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Marco Rubio, le secrétaire d'État américain de la nouvelle administration Trump, était ainsi cette semaine en tournée dans les pays d'Amérique latine pour négocier d'autres accords liés à cette problématique. Le Salvador ou encore le Guatemala ont ainsi accepté d'accueillir des migrants expulsés. Mais outre l'immigration, Marco Rubio avait surtout en tête de reconquérir la région face à l'influence grandissante de la Chine.