Fresnes investit 45 millions d'euros dans un bassin de rétention de 50 000 m³ au Parc du Moulin de Berny. Le SIAAP finance 34,5 millions, la Métropole du Grand Paris 4,5 millions, la Ville apporte le terrain estimé à 1 million. Vingt-trois épisodes de submersion en trente ans, dont les sinistres traumatisants de 2018, ont finalement déclenché le projet.Fresnes a compté. Vingt-trois épisodes de submersion en trente ans. Caves noyées, commerces ravagés, habitants déménageant en catastrophe à chaque alerte météo. Les sinistres de 2018 ont brisé la patience collective : il fallait un bassin de rétention, vite. Quarante-cinq millions d'euros seront débloqués pour créer un bassin de cinquante mille mètres cubes de capacité, situé au Parc du Moulin de Berny. Le projet, réclamé depuis des années par les riverains épuisés, se concrétise enfin grâce à un montage financier négocié au forceps : SIAAP (34,5 millions), Métropole du Grand Paris (4,5 millions), Ville de Fresnes (terrain évalué 1 million). Marie Chavanon, la maire de Fresnes, souffle et reste vigilante. Le financement est bouclé, mais il faut désormais entrer dans la phase de travaux.
Urbanisation dense, collecteurs saturés, climat détraqué
La vallée de la Bièvre et le bassin versant Fresnes-Choisy cumulent les handicaps. Entre une urbanisation très dense qui bétonne chaque mètre carré, des collecteurs d'eaux pluviales saturés dès la première averse sérieuse, et des épisodes climatiques extrêmes qui se multiplient, le ruissellement urbain transforme régulièrement les rues en torrents, submerge caves, voiries, équipements publics. Les impacts socio-économiques s'accumulent. Les commerçants connaissent les sinistres à répétitions, les familles se retrouvent contraintes de déménager, chacun accumulant les stigmates de traumatismes psychologiques de plus en plus fréquents. Ce futur bassin de rétention, conçu pour absorber les crues soudaines, écrêtera les pointes de débit et protégera durablement le tissu urbain. Il s’agira, en somme, d’une éponge géante censée empêcher que Fresnes ne se noie à chaque orage violent.
Le Département mobilise via GEMAPI
Le Département du Val-de-Marne a déployé des investissements massifs pour la protection contre les crues. L’entretien et la rénovation d'ouvrages anti-inondation sur les secteurs les plus exposés, sont effectués dans le cadre de la programmation GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations). Les Plans de Prévention des Risques d'Inondation encadrent désormais strictement l'urbanisation en zone inondable. Le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs subventionne l'adaptation du bâti existant pour les propriétaires piégés. La coordination SIAAP-Département-Métropole-commune illustre la complexité administrative de ces infrastructures d'utilité collective, négociées pendant des années entre échelons territoriaux aux intérêts parfois divergents.
Le bassin de Fresnes s'inscrit dans une stratégie de résilience territoriale face aux événements climatiques extrêmes qui se multiplient. Inspiré des Zones Naturelles d'Expansion des Crues aménagées en Seine-et-Marne, il mise sur la rétention temporaire plutôt que sur le tout-béton. Cinquante mille mètres cubes, c'est la capacité théorique d'absorber une crue centennale sans noyer le centre-ville. Reste à convaincre les riverains sceptiques que ces quarante-cinq millions ne dormiront pas inutilement. Qu'ils protégeront vraiment, préviendront efficacement, sauveront des vies et des biens.