Doctor analyzing DNA structure using AI and digital hologram interface, representing biotechnology innovation, genetic research, precision medicine, futuristic healthcare technology in modern science.
La biotech du Val-de-Marne développe des « ordinateurs biologiques » miniaturisés qui pourraient démocratiser l'accès aux traitements CAR-T contre le cancer. Forte d'une levée de 16,5 millions d'euros et d'un soutien de 10,4 millions via France 2030, la jeune pousse ambitionne de transformer radicalement l'industrie des thérapies géniques et cellulaires.
Implantée au 79 avenue de Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre, Astraveus a été fondée en 2016 par Jérémie Laurent, polytechnicien (X 2011), pour démocratiser le recours aux thérapies cellulaires et géniques. Son constat : les nouvelles générations de médicaments produits par des cellules ou composés de cellules vivantes permettent de guérir avec une grande efficacité des maladies comme des cancers jusqu'alors incurables, mais les méthodes actuelles de production aboutissent à des coûts de revient exorbitants qui nuisent au développement et à l'accessibilité de cette gamme thérapeutique.
Une technologie microfluidique pour miniaturiser la bioproduction
La startup parisienne aborde la problématique de la bioproduction sous un angle différent : par la miniaturisation du procédé plutôt que par l'extension des capacités avec des volumes de réacteurs toujours plus importants. Sa plateforme brevetée Lakhesys repose sur un réseau programmable de puces microfluidiques pour cultiver des cellules et produire n'importe quel type de médicaments.
Cette mini-usine de bioproduction a été conçue pour avoir la capacité d'une petite usine de thérapie cellulaire, capable de traiter quelques centaines de patients par an. La petite taille de l'équipement offre plusieurs avantages : les risques de contamination sont réduits, le système étant entièrement fermé, et tout est piloté au microlitre près grâce à la miniaturisation.
L'enjeu est considérable pour les thérapies CAR-T, ces traitements révolutionnaires qui consistent à prélever, modifier génétiquement et réinjecter les propres cellules immunitaires du patient pour qu'elles attaquent les tumeurs cancéreuses. Particulièrement efficaces contre certains cancers du sang, ces thérapies peinent à se généraliser en raison de coûts pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros par patient et de délais de production de plusieurs semaines.
Un financement de près de 30 millions d'euros
Astraveus vient de signer une levée d'ampleur avec 16,5 millions d'euros récupérés, impliquant notamment deux géants pharmaceutiques mondiaux, Merck KGaA et Johnson & Johnson, ainsi que Bpifrance. En complément, la société a obtenu un financement de 10,4 millions d'euros du gouvernement français dans le cadre du programme France 2030, portant le financement total à plus de 30 millions d'euros.
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Ces fonds permettront d'accélérer le développement de sa plateforme en termes d'échelle, de versatilité et de digitalisation. La société emploie actuellement entre 10 et 19 salariés.
Bien qu'à visée internationale, le recours à la microfluidique pour la bioproduction pourrait permettre à l'Europe et à la France de combler une partie du retard en matière de capacités. La startup s'inscrit dans l'écosystème francilien des biotechnologies, secteur stratégique où le Val-de-Marne joue un rôle clé avec notamment Gustave Roussy à Villejuif, premier centre européen de lutte contre le cancer.