Le taux de chômage atteint 6,9% au deuxième trimestre 2025 dans les Yvelines, avec 109 240 demandeurs d'emploi inscrits à France Travail (+10% sur un an). Le secteur de la construction s'effondre : -44% de surfaces autorisées pour les locaux non résidentiels au premier semestre, provoquant une contraction de l'emploi salarié de 0,4% sur l'année.
Les Yvelines subissent un violent retournement conjoncturel. Au deuxième trimestre 2025, le taux de chômage grimpe à 6,9% selon l'INSEE, contre 6,8% au trimestre précédent. Plus révélateur encore : le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie A) bondit de 15,9% sur un an, atteignant 70 380 personnes. Au total, 109 240 personnes sont inscrites à France Travail, toutes catégories confondues (A, B, C), soit une hausse annuelle de 10%.
La construction en zone de turbulence
Le secteur de la construction porte une large part de cette dégradation. Au premier semestre 2025, l'activité de construction de locaux non résidentiels s'effondre de 44% en surfaces autorisées à construire, selon la CCI Paris Île-de-France. Cette contraction spectaculaire se répercute immédiatement sur l'emploi : le département enregistre une baisse de l'emploi salarié de 0,1% sur le trimestre et de 0,4% sur l'année.
Les entreprises du BTP, confrontées à la hausse des taux d'intérêt, au renchérissement des matériaux et à la frilosité des investisseurs, freinent brutalement leurs recrutements. La crise touche tous les segments : promoteurs, constructeurs, bureaux d'études, artisans. Les carnets de commandes se vident, les chantiers s'espacent, les licenciements s'enchaînent.
Un marché du travail sous tension
La répartition des demandeurs d'emploi par niveau de diplôme révèle une fracture : 19% sont sans diplôme ou avec un CAP-BEP, 19% ont un niveau Bac, mais 32% détiennent un Bac+2 ou plus (13% Bac+2, 19% Bac+3/4). Le chômage ne frappe plus uniquement les profils peu qualifiés, mais également les cadres et techniciens du tertiaire et de l'industrie.
L'hôtellerie peine également à redémarrer : la fréquentation reste inférieure de 21,6% à celle du premier trimestre 2019, signe d'un tourisme d'affaires et de loisirs qui ne retrouve pas son niveau d'avant-Covid.
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Création d'entreprises en berne, défaillances en recul
Face à ce contexte dégradé, les créations d'entreprises marquent le pas : 7 226 au premier trimestre 2025, soit une baisse de 1,8% par rapport à 2024. Sur douze mois glissants, le total atteint 26 267 créations, un chiffre honorable mais qui ne suffit pas à compenser les pertes d'emplois dans les secteurs traditionnels.
Point positif : les défaillances d'entreprises reculent de 8,6% sur un an, suggérant que les dispositifs d'aide et les rééchelonnements de dettes permettent à certaines structures de tenir, au moins temporairement.