La start-up yvelinoise transforme les déchets plastiques rejetés par les filières classiques en matières premières secondaires. Malgré son innovation technologique, elle affronte la dure réalité économique d'un secteur fragilisé par la concurrence des matières vierges.Dans la zone industrielle de Trappes, Recnorec incarne le paradoxe de l'économie circulaire française : une innovation environnementale de pointe confrontée à un modèle économique incertain. La start-up yvelinoise s'est spécialisée dans le recyclage des plastiques « dont personne ne veut » – films, barquettes, composites issus des déchets ménagers et industriels que les filières conventionnelles rejettent systématiquement. Une niche technologique stratégique pour boucler la boucle de l'économie circulaire, mais dont la rentabilité reste compromise par les réalités du marché.
La proposition de valeur est pourtant claire : transformer en matières premières secondaires des plastiques complexes habituellement destinés à l'incinération ou l'enfouissement. Une solution industrielle qui répond directement aux objectifs du plan régional « Zéro plastique », lequel finance 32 projets franciliens pour réduire les plastiques à usage unique et généraliser la récupération. Pour les collectivités locales engagées dans la transition écologique, ces technologies représentent un levier indispensable pour atteindre les objectifs européens de recyclage.
Une équation économique difficile à résoudre
Mais l'équation économique reste déséquilibrée. Recnorec traverse actuellement d'importantes difficultés financières, symptomatiques des fragilités structurelles du secteur. Le territoire yvelinois tente pourtant de créer un écosystème favorable. Dès 2026, Thiverval-Grignon accueillera un centre de surtri de nouvelle génération piloté par Sepur, capable de traiter 30 000 tonnes de plastiques par an avec un niveau de pureté de 95 à 98%. Cette infrastructure constituera un maillon essentiel de la chaîne de valeur, fournissant des gisements mieux triés aux entreprises comme Recnorec. Pour Recnorec, la survie passe par plusieurs leviers. L'appui des collectivités locales via la commande publique pourrait sécuriser des débouchés. Les réglementations européennes imposant des taux d'incorporation de matières recyclées dans les produits neufs créent une demande captive. Les financements régionaux dédiés à l'écotechnologie peuvent accompagner la montée en charge industrielle. Mais ces soutiens suffiront-ils ?