Bruno Levesque / IP3 Paris France 02 Octobre 2025 Manifestation intersyndicale contre les mesures budgetaires Ouvriers et salariers de Stellantis contre la fermeture de l usine de Poissy ECONOMIE, SOCIAL PROTESTATION MANIFESTATION ILLUSTRATION NEWS...
Du 13 au 31 octobre 2025, l'usine historique met 2 000 salariés en chômage partiel. Une suspension qui révèle les fragilités d'un bassin industriel confronté à la crise automobile européenne.
Le compte à rebours est lancé pour l'usine Stellantis de Poissy. Du 13 au 31 octobre, la production s'arrêtera complètement, plongeant 2 000 salariés en chômage partiel. Une décision justifiée par un carnet de commandes en berne, notamment pour l'Opel Mokka qui constitue l'essentiel des 420 véhicules quotidiennement assemblés sur le site. Au-delà du symbole, c'est toute l'économie du bassin yvelinois qui subit le contrecoup.
L'équation sociale pèse immédiatement sur les ménages. Les salariés percevront entre 70% et 84% de leur rémunération via le dispositif d'activité partielle de longue durée (APLD), soit une perte de pouvoir d'achat directe dans un territoire où l'usine irrigue depuis des décennies le commerce local. Des formations accompagneront cette période creuse, tentative de maintenir l'employabilité face à un avenir incertain.
Onde de choc local
La suspension frappe de plein fouet l'écosystème industriel de proximité : sous-traitants, fournisseurs de pièces détachées, prestataires logistiques, tous confrontés à un tarissement brutal des commandes. Pour les PME régionales dépendantes du site, ces trois semaines représentent un manque à gagner critique, aggravant des trésoreries déjà tendues par la baisse structurelle d'activité du secteur automobile.
Le site de Poissy, historiquement employeur de 10 000 personnes avec son Green Campus, incarne les mutations douloureuses de l'industrie française. La production actuelle, concentrée sur quelques modèles dont la DS3 Crossback en fin de carrière, illustre le rétrécissement progressif de l'activité. Les syndicats pointent le sous-investissement et l'absence de nouveaux projets d'envergure, alimentant les craintes d'une fermeture programmée.
Réinveter les modèles
Cette mise à l'arrêt s'inscrit dans une stratégie européenne de Stellantis, qui multiplie les ajustements de capacité sur l'ensemble de ses sites face au ralentissement du marché. Pour les décideurs yvelinois, l'enjeu dépasse la conjoncture : comment anticiper la reconversion d'un territoire historiquement structuré autour de l'automobile ? Quelles filières industrielles nouvelles pour absorber les compétences d'un bassin d'emploi vieillissant ?
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L'effet psychologique amplifie les conséquences économiques. Le pessimisme ambiant, relayé par les salariés eux-mêmes qui évoquent ouvertement la mort du site, accélère la fuite des talents et complique l'attractivité territoriale. Un cercle vicieux où incertitude industrielle, baisse démographique et déclin commercial se renforcent mutuellement. La prolongation éventuelle de l'arrêt, si le marché ne rebondit pas, transformerait ce coup d'arrêt en crise structurelle pour tout le bassin de Poissy.