Comment Obama prépare sa réélection

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Copyright Reuters (Crédits : Via Bloomberg)
Bien loin des primaires républicaines, le président américain affine sa stratégie de campagne, prépare ses équipes et accumule les dons financiers.

C'est tout juste rentré d'Hawaï, où il a passé les fêtes, que Barack Obama prendra connaissance des résultats du caucus de l'Iowa. Officiellement, le président américain ne suit pas attentivement les primaires républicaines, trop occupé, explique-t-on à la Maison-Blanche, à gérer quotidiennement la première puissance mondiale.

En fait, pendant que les potentiels adversaires se disputent le droit de l'affronter, il prépare déjà la prochaine étape. Il déploie son importante logistique de campagne, recrute de nombreux volontaires dans tout le pays, met en place ses réseaux Internet... Et il accumule les dons depuis l'officialisation de sa candidature début avril 2011. Fin septembre, près de 90 millions de dollars avaient déjà été récoltés, un record à plus d'un an du vote. Dans le même temps, Mitt Romney, le meilleur républicain dans ce domaine, n'avait recueilli que 32 millions de dollars, dont plus de la moitié avaient déjà été dépensés.

Privilège du sortant, le président profite également de ses déplacements officiels pour faire campagne. Il les a multipliés ces derniers mois, notamment dans les États les plus indécis qui feront pencher la balance en novembre - comme l'Ohio, dans lequel il se rendra ce mercredi -, les couplant le plus souvent avec des collectes de fonds. Il espère lever jusqu'à 1 milliard de dollars, contre 745 millions il y a quatre ans.

Accents populistes

Sur le plan politique, Barack Obama affine sa stratégie électorale. Le ton a été donné début décembre lors d'un discours à Osawatomie, une toute petite ville du Kansas, en plein coeur de l'Amérique profonde. Flirtant avec le populisme, le président américain s'est érigé en défenseur de la classe moyenne, de cette Amérique qui souffre quand les républicains cherchent eux à préserver les intérêts des plus riches en refusant d'augmenter leurs impôts.

"Nous sommes à un moment crucial pour la classe moyenne, a-t-il réaffirmé le week-end dernier au cours de son allocution radiophonique hebdomadaire. Les mesures que nous prendrons dans les mois à venir détermineront dans quel pays nous voulons vivre, et dans quel monde nous voulons que nos enfants et nos petits-enfants grandissent."

Les derniers atermoiements à la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains, sur l'extension des allégements de charges sociales pour 160 millions d'Américains, lui ont à nouveau permis de jouer cette carte. Prolongées pour deux mois fin décembre, ces déductions fiscales reviendront sur la table des négociations dès la reprise des travaux parlementaires.

Au-delà de cette mesure, jugée capitale pour l'économie américaine, Barack Obama ne souhaite plus dépendre du bon vouloir du Congrès. Depuis l'échec de son vaste plan de relance de l'emploi, présenté en septembre et enterré en quelques heures au Capitole, le président agit désormais par décret. "Il va continuer à saisir toutes les opportunités pour mettre en place des initiatives qui vont renforcer la reprise", explique Josh Earnest, le porte-parole adjoint de la Maison-Blanche.

Des initiatives moins ambitieuses mais qui lui permettent de continuer à occuper le terrain de l'économie. Alors que la menace d'une rechute s'éloigne et que la situation sur le marché du travail s'améliore lentement, il espère ainsi en tirer profit. Tout en gardant l'opportunité de rejeter la responsabilité d'une éventuelle détérioration de la conjoncture sur le Congrès, avec lequel il se montre très critique et ne cesse de prendre ses distances. Une stratégie cependant risquée : les Américains attendant aussi de leur président qu'il fasse preuve de leadership pour surmonter les oppositions partisanes.

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Commentaires
a écrit le 04/01/2012 à 9:29 :
"En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi."

Franklin D. Roosevelt
Président des Etats-Unis (1933-1945)





"Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les évènements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s'accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s'est produit en réalité."

Nicholas Murray Butler
Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR (Council on Foreign Relations)





"La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre contre les Etats-Unis. Une guerre permanente, économique, une guerre sans morts."
"Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. Une guerre inconnue, une guerre permanente, sans morts apparemment, et pourtant une guerre à mort."

François Mitterrand
Commentaire fait lors d'un entretien privé à la fin de sa vie(cité dans Courrier International du 13 Avril 2000)
a écrit le 04/01/2012 à 9:04 :
Moi aussi je veux faire un don, 1 centime d'euro, et il peut garder la monnaie pour redéployer ces forces armées en SYRIE et en IRAN, il me remboursera quand le dollar aura sombré, moi aussi quand j'étais petit j'allais voir les marionnettes.

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