Anne Hidalgo : "Paris doit devenir la capitale de l'économie sociale et solidaire"

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Anne Hidalgo, Muhammad Yunus, Nicolas Hazard
Anne Hidalgo, Muhammad Yunus, Nicolas Hazard (Crédits : Comptoir de l'innovation)
Anne Hidalgo a fixé le cap à l’occasion de la troisième édition de la rencontre internationale Impact 2. Cette déclaration d’intention paraît très ambitieuse. Est-elle un vœu pieu ? La France a les cartes en mains pour prendre la tête du mouvement.

Organisée à l'hôtel de ville, mercredi soir, sur l'impulsion de Nicolas Hazard, président du Comptoir de l'Innovation, la manifestation Impact 2, a réuni plus de 1500 personnes, entrepreneurs sociaux, représentants des collectivités, et personnalités venues de 50 pays. En quelques mots, Anne Hidalgo s'est montrée une nouvelle fois engagée et convaincante sur l'un de ses thèmes de campagne : l'ESS. «  Nous sommes aujourd'hui en mesure de faire de notre capitale un haut lieu de la nouvelle économie de l'entrepreneuriat social. Nous ne pouvons pas passer à côté d'un mouvement aussi porteur. Grandes entreprises, PME, associations, particuliers, nous devons nous mobiliser pour affirmer qu'une autre voie est possible. A nous de faire de Paris la capitale de l'ESS» Nicolas Hazard, le président du Comptoir de l'Innovation enfonce le clou « Plus de 2,4 millions de personnes travaillent aujourd'hui au sein d'une structure de l'ESS, ce qui représente près de 12 % de l'emploi et plus de 10 % du PIB. » Diplômé d'HEC et Sciences Po, ce trentenaire promeut l'entrepreneuriat social, partout dans le monde, de Bruxelles à Séoul, en passant par Rome et Paname. Vice-président du groupe SOS en charge de l'international, il est convaincu que Paris possède d'ores déjà de multiples atouts pour prendre la tête de ce mouvement. « La ville est émaillée d'incubateurs, de jeunes entrepreneurs et d'associations qui créent une vraie dynamique. C'est un tissu actif soutenu par de grandes entreprises comme Danone, Veolia, Schneider Electric, le groupe SOS. L'Ile de France dispose aussi de grandes écoles, d'HEC à Science-Po, en passant par l'ESSEC, qui forment des jeunes diplômés depuis plus de 10 ans maintenant, au sein des chaires de l'ESS. C'est unique au monde. En France, en particulier, les représentants de la génération Y sont désireux de donner un sens à leur vie professionnelle, ils veulent être utiles pour la collectivité. L'entrepreneuriat social répond à leurs attentes. »

Selon Opinion Way, au delà de la manne de l'épargne salariale orientée vers les entreprises sociales, 73 % des Français souhaitent aujourd'hui investir une partie de leur épargne dans des entreprises sociales (contre 60 % en 2012). Pour la majorité des personnes interrogées (1063 personnes, interviewées entre le 29 et le 30 avril) la finance solidaire est un moyen privilégié pour sauver le modèle social français.

Sous les ors de la salle de réception de l'hôtel de ville, les 1500 entrepreneurs sociaux, étudiants, personnalités des medias et des entreprises, écoutent doctement les promoteurs de la finance sociale. Tous affirment qu'un autre capitalisme est possible. Aucun ne remet en question l'idée première selon laquelle toute entreprise doit faire du profit, - c'est sa fonction première -, mais c'est la finalité des bénéfices qu'ils interrogent. La profitabilité ne doit pas seulement venir grossir les porte-feuilles des actionnaires, elle doit être réinvestie pour lutter contre les inégalités et ainsi éviter les conflits sociaux et protéger l'environnement, deux conditions essentielles à la croissance du business à long terme. Contrairement à ce que pourraient penser les plus conservateurs, il n'est pas ici question d'utopie mais de pragmatisme d'investisseur.

Pour Sir Ronald Cohen, cofondateur d'Apax Partner, l'intérêt grandissant pour l'ESS des actionnaires et des entreprises s'explique pour une large part par le potentiel de développement « Dans les 10 ans qui viennent, ce secteur va générer 600 000 créations d'emplois. » Le monde n'est pas manichéen ; il n'y a pas d'un côté les bons, de l'autre, les méchants. A l'initiative de la Social Impact Investment Taskforce, lancée au sein du G 8, qui réunit les quatre établissements bancaires les plus dotés au Royaume Uni, il pilote un investissement de plus d'1 milliard d'euros dans l'ESS. Les initiatives naissent de toutes parts, le phénomène est mondial. « L'Europe doit s'emparer de ce sujet, affirme Nicolas Schmit, ministre du travail, de l'emploi et de l'ESS du Grand Duché du Luxembourg. « Alors que la prochaine échéance électorale européenne confirme que la passion pour l'Europe s'émousse, ce secteur est un formidable atout pour lutter contre le chômage et recréer du lien social. Il n'y a pas de personnes inemployables. C'est l'une des voies de sortie de la crise. Nous devons mettre en œuvre des incitations fiscales. »

Philippe Gravier, directeur général d'Aviva Vie, observe et soutient l'ESS. Sur scène, il confirme un investissement de 10 millions d'euros en fonds propres au profit du Comptoir de l'Innovation. « Nous n'avons pas le choix, explique-t-il. Notre société était jusqu'à présent fondée sur le principe de l'égalité des chances ; dans les faits, c'est un slogan vide de sens. Le succès du livre de Thomas Piketty (Le Capital au XXIème siècle, Le Seuil) l'atteste, la lutte contre les inégalités et les écarts grandissants entre les plus fortunés et les plus démunis est un enjeu majeur dans les 10 ans qui viennent pour l'ensemble des pouvoirs publics, mais aussi les entreprises. »

François Villeroy de Gallau, directeur général délégué BNP pilote le financement des entreprises sociales. Le groupe bancaire a la puissance pour mener une politique ambitieuse. D'ici 2015, 200 millions d'euros seront investis dans ce secteur d'activité. Déjà, 50 agents sont formés pour veiller à répondre aux besoins spécifiques des entrepreneurs sociaux dans toute la France. « Ceux qui nous accusent de social washing n'ont rien compris. Investir en Ile de France dans l'entrepreneuriat est une priorité, le faire dans les entreprises sociales une nécessité. »

Franck Riboud, pdg de Danone, est l'un des promoteurs les plus engagés depuis vingt ans en faveur du social business. « Je n'y suis pour rien, j'ai été éduqué comme ca. Mon père, en 1972, a tenu, à Marseille, un discours prophétique pour le groupe où il interrogeait chacun sur la finalité de notre action. Une entreprise qui ne fait pas de bénéfices ne fait pas son métier. Mais cela ne nous empêche pas de faire des choses ensemble pour être utile à la collectivité, il faut associer croissance et qualité de vie. Lorsque nous avons lancé Danone Communities, 99 % des actionnaires ont approuvé cette initiative en assemblée générale. Je ne veux pas sauver le monde. Mais, à la tête d'une multinationale, qui réalise plus de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires et emploie plus de 200 000 salariés, nous ne pouvons pas nous contenter de distribuer des bonus à quelques uns. Nous avons la puissance, nous essayons de la partager pour agir. Concrètement. »

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Commentaires
a écrit le 26/05/2014 à 15:32 :
La nouvelle cour des miracles en somme.
a écrit le 24/05/2014 à 19:12 :
Nous avons en France un penchant pour faire des promesses faramineuses mais aussi pour y croire. L'illusion nous nourrit, nous sommes le plus beau pays du monde, le plus riche, le plus puissant, le plus juste, un pays sans inégalités ni misère, notre compétitivité ne connaît pas de rival, et on continue clopin clopant à mener notre défilé triomphal sur le tapis rouge un rêve éternel bonheur sans la moindre réalité, notre profession de foi c'est l'espoir.
a écrit le 24/05/2014 à 14:07 :
Mme hidalgo pense déja aux prochaines élections , elle a prévu 30% de logements sociaux ... Quand on sait que c'est la classe moyenne qui finance ce type de logements via l'accession à la propriété sur le neuf ayant pour effet de faire augmenter l'ancien par boucle de feedback, on se dit que la corruption élective a encore de beaux jours devant elle.
a écrit le 24/05/2014 à 12:30 :
Qui peut m'expliquer ce que veut dire économie sociale??? vraiment concrètement?
La seule économie qui vaille c'est celle de l'audace et l'innovation.
Le reste c'est du marketing de vieille garde.
a écrit le 24/05/2014 à 10:54 :
...financée par l'épargne alternative, éco-responsable, éco-consciente, éco-efficiente, sociale, éthique et respecteuse.

L'entreprise réconciliée avec l'humain, le bonheur de vivre pour tous et le bien-être des générations futures.

L'idéal du bourgeois cultivé, riche mais généreux.
Réponse de le 24/05/2014 à 12:31 :
C'est d'un drôle...

Merci.
a écrit le 24/05/2014 à 8:21 :
La seule issue, pour Paris comme pour la france, est de produire des produits utiles et vendables, et exportable, pour obtenir de l'argent destiné à faire vivre les gens et réduire la dette. Tout le reste ne consiste qu'à s'agiter sans créer de réelle valeur, et poursuit la dégradation de la France vers le tiers monde. Même si faire un minimum de social est nécessaire, trop de social et d'assistanat, trop d'immigration de gens non formés, devient un poids insupportable pour les de plus en plus rares qui produisent de la richesse.
a écrit le 24/05/2014 à 0:50 :
oui mais à condition d'aller à pied...
a écrit le 23/05/2014 à 18:13 :
et pour encore plus d'assistés, il y en a marreeeeeeeeeeee vivement dimanche prochain !!!
a écrit le 23/05/2014 à 18:11 :
Madame hidalgo qui nous fait croire qu' elle va baisser son salaire de maire de Paris à 19 800 euros par an.... je rêve !!! Allez sur le site public.fr, il y a les salaires des maires de France, et là surprise un maire dans une ville de plus de 100 000 habitants gagne 8502 euros PAR MOIS !!!! Alors vous multipliez par 12 et regardez ce que ça donne par an ...Madame hidalgo se fout vraiment des Parisiens et du peuple Français !!!
a écrit le 23/05/2014 à 18:08 :
ainsi soit-il !!!
les mots "social et solidaires " me gonflent sérieusement.Ils n'ont vraiment pas autre chose à dire que des slogans à la con ???
a écrit le 23/05/2014 à 18:01 :
L'Ess n'est pas sans intérêt, mais ce genre de déclarations est vraiment lamentable. Tout ça c'est que de la com ! Qu'elle commence par nettoyer les rues de Paris qui se dégrade à vu d'oeil. Il est loin le temps de la ville lumière !
a écrit le 23/05/2014 à 16:33 :
Paris sera donné à Disnay pour remonter les finances sur la base d'une ville ruinée, mais heureuse d'avoir fait du social dans un pays Hypersurendetté.
Ces gens là ne savent pas compter n i gérer un budget.
Je ne vis pas à Paris OUF !! et ceux qui ont voté pour cette inconsciente vont lentement mais surement le regretter Ha ha ha !!! leur portefeuille va se vider
a écrit le 23/05/2014 à 16:28 :
Paris capital sociale et solidaire AH AH AH AH et aussi l'europe sociale ahahah et puis aussi changer la vie! comme en 81 ahah ah il y a que la vie des socialistes qui a change comme mr Bartolone et sa maison a 1,6 millions d'euros
a écrit le 23/05/2014 à 16:08 :
Les bobos vampirisent les ressources du pays depuis longtemps et ne s'en rendent même pas compte.
Ils profitent des emplois fictifs financés gràce aux impôts prélevés à tous les niveaux, et ce aux détriments du reste du pays.
a écrit le 23/05/2014 à 16:00 :
Qu'elle accueille la famille Dibriani quand elle reviendra alors.
Qu'elle les installe dans le 8eme pour qu'ils aient une belle vue.
a écrit le 23/05/2014 à 15:43 :
Comme CALCUTTA avec soeur Emmanuelle, dans 10 ans nous aurons la Bienheureuse Anne HIDAGO raassant les ordures de Paris pour les bonnes oeuvres. Ce seraà la fois la vrai place de Paris et de la France qui s'appauvrit à toute vitesse.

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