Dubaï, le palmier prend l'eau
Fabio Marquetty
Fabio Marquetty
Dubaï est victime de son sens de la démesure. Car la réussite d?un projet est moins fonction de sa taille que de la solidité de ses fondations. Rendu célèbre pour ses chantiers immobiliers pharaoniques, comme les fameux Palm Islands, l?émirat est aujourd?hui rattrapé par l?état calamiteux de ses comptes. La crise a fait voler en éclats les espoirs de croissance économique exponentielle nationale, qui reposait principalement sur la mégalomanie de la finance internationale.
Malheureusement, cette dernière a dû remettre à plus tard ses envies de dépenses somptuaires, laissant le conglomérat Dubaï World et sa filiale Nakheel seuls face à une dure réalité : l?incapacité d?honorer une échéance de 3,5 milliards de dollars sur une dette de 59 milliards de dollars. Soit près de trois fois le montant de la capitalisation de la Bourse de Dubaï, qui s?élève à 23 milliards de dollars.
Cette situation d?extrême précarité laisse craindre le pire aux investisseurs comme en témoigne l?envolée de 270 points, en deux jours, du CDS ("credit default swap") de l?émirat, qui n?avait pas atteint ces niveaux depuis avril. Fermés jusqu?à lundi pour cause de célébration religieuse de l?Aïd el-Kebir, les marchés boursiers dubaïotes risquent en tout cas de connaître un lendemain de fête difficile. Surtout si l?on considère qu?à ses plus bas du 5 février à 1433,1 points, l?indice DFM, qui cotait hier près de 2.100 points, intégrait un scénario catastrophe proche de la situation actuelle.
Fabio Marquetty
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