GM : amnésie générale !

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Copyright Reuters (Crédits : Gael Vautrin)
L'ex-numéro un mondial a fait ce jour un retour triomphal en Bourse sous les ovations des investisseurs. Ce qui passe aujourd'hui pour la plus importante IPO de l'histoire ne doit pas faire oublier le reste ...

Avant la réalisation de l'opération, le retour en bourse de GM était déjà appréhendé comme la plus grosse IPO jamais réalisée. Les superlatifs manquaient. On le sait maintenant, elle est la plus grosse IPO de l'histoire, tout court. Somme toute, une certaine logique est respectée. La plus grosse IPO de l'histoire pour la plus grosse faillite (hors secteur financier bien sûr). Et l'engouement suscité par l'opération laisse à penser que les investisseurs ont été gagnés par une amnésie générale.

 Car plus que la cotation du constructeur même, c'est le symbole qui semble susciter autant d'enthousiasme. La résurrection d'un des mythes les plus emblématiques de l'Amérique. La firme qui a battu tous les records de longévité en matière de leadership, restant, plus de cinquante ans durant le premier d'une industrie mondiale exponentiellement fleurissante. Comme si, les ovations des investisseurs n'avaient pour autre message que de dire : "on le savait. GM ne pouvait pas mourir". GM est bel et bien mort, il y a un an et demi. Et si ce n'avait pas été pour sauver les centaines de milliers d'emploi, GM serait aujourd'hui enterré. Sauvé par les 49,9 milliards de dollars injectés par l'Etat avec, pour suprême infamie, une nationalisation à la clé. GM est bien mort parce que son ardoise a été effacée. Les porteurs d'obligations de l'ancien GM qui sont restés sur le carreau s'en souviennent. Ou peut-être ont-ils oublié en se ruant aujourd'hui sur les actions du nouveau GM. Après tout, qui peut les en blâmer. Le groupe est aujourd'hui vierge de toute dette et roule sur l'autoroute de la reprise, bénéficiaire et riche d'une trésorerie d'une trentaine de milliards de dollars. Le groupe a cédé des actifs, enterré des marques de légende ... Bref, c'est un GM ragaillardi qui est aujourd'hui plébiscité en Bourse par un plus haut de 9 % en séance.

Certes. Restructuré mais toujours sous le coup d'une « dette sociale » conséquente. Les engagements retraites restent indéniablement LE boulet financier du groupe. Rien que pour la partie américaine, ils représentaient, fin 2009, 101,6 milliards de dollars. Certes ils sont couverts par les 84 milliards de dollars d'actifs que le groupe détient en portefeuille. Passons sur les 17,6 milliards de déficit que cela représente. Mais c'est surtout le risque inhérent à la nature même des actifs censés couvrir ces engagements qui est inquiétant. Essentiellement investis en action et en obligation, ces actifs peuvent être d'une volatilité dangereuse. Aussi instable que de la nitroglycérine. D'autant plus que ces actifs doivent normalement dégager un taux de rendement de 8,5 % par an. Ambitieux par les temps qui courent. Si ce n'est pas le cas, les retraites seront payées grâce aux bénéfices. Un détail qui a son importance. Pourtant le problème ne date pas d'hier. Mais sur le dossier GM, les investisseurs semblent vouloir surtout jouer la carte de l'amnésie générale.

 

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