Quand Cupidon débarque au bureau

En ce jour de la Saint-Valentin, les « working lovers » sont plus tendance que jamais.
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Sans en faire la publicité, l'idée commence à faire son chemin chez les DRH que les entreprises les plus créatives sont aussi celles où les relations intimes sont les plus nombreuses. Toujours à la recherche d'ingrédients pour accroître la productivité, certains sont prêts à jeter un voile pudique sur ce sujet... pour peu qu'il dope le moral des salariés. De fait, l'univers amoureux a quelques ressemblances avec le monde des affaires. Dans l'un comme dans l'autre, il est question d'initiative individuelle et de courage d'entreprendre.

La loi de Cupidon


Malgré la mondialisation, les marchés de l'amour restent cependant au quotidien des marchés locaux. Pour preuve ? Loïc Roche, docteur en psychologie et professeur de management, auteur de « Cupidon au travail », estime qu'un ou une partenaire se découvre en quatre mois sur le lieu de travail contre six à douze mois dans la vie privée. Le bureau, lieu propice à la rencontre ? Presque une évidence à l'heure où l'on y passe plus de temps qu'au café ou dans les boîtes de nuit et où, selon Loïc Roche, on y fait de plus en plus attention à la façon de se vêtir et de se comporter. Mais l'élément accélérateur est venu de la tension qui règne dans les bureaux. À l'instar du milieu médical connu pour « favoriser » les relations fortes comme remède à la pression ambiante, les entreprises - et parmi elles les plus innovantes -, où le stress est à son maximum, font le lit des rapprochements entre les individus.
Le côté aseptisé de la vie de bureau, entre mails et réunions interminables, nourrit aussi le besoin de développer des relations plus proches, voire intimes, façon « de reconstruire du vivant », selon la formule de Loïc Roche. « Tout l'univers obéit à l'Amour ; aimez, aimez, tout le reste n'est rien », disait Jean de La Fontaine. Selon le psychologue, une personne aura en moyenne un nouveau partenaire issu de son entourage professionnel tous les sept ans d'ancienneté dans la même entreprise... statistique à mettre sur le compte de la proximité et de l'envie d'aller voir ailleurs qu'il nomme « la loi de Cupidon ».


Le libéralisme amoureux


Une enquête menée par le site de recrutement Monster estime à 30 % le nombre de couples français formés sur leur lieu de travail et près d'un Européen sur deux prétend avoir déjà eu une relation amoureuse avec un(e) collègue. Le « No zob in job » chanté par la « Grande Sophie » en 2006 serait-il alors passé de saison ? Pas tout à fait. Si elle peut doper un temps l'ardeur à se lever le matin pour aller au bureau et à rester tard le soir, apporter sa part de bonheur quotidien, et assurer la fidélité à son entreprise, chacun sait que, avec le temps, la situation apporte son lot de complications. Entre rumeurs, jalousies, tensions hiérarchiques ou rupture éventuelle, le libéralisme amoureux appliqué à l'open space n'est pas sans risques. Le happy end n'étant pas exclu mais assez rare et pas si simple : les intéressés déclarent avoir du mal à scinder vie privée et vie professionnelle de façon harmonieuse. Mais sachez qu'au pays des « French lovers », depuis les lois Auroux de 1982, les entreprises ne peuvent interdire à leurs salariés d'avoir une aventure, ni les muter ou les licencier pour cette raison. À condition de rester discrets et d'éviter les heures de travail pour se rencontrer, au risque de se retrouver une bonne fois pour toutes dehors pour avoir vaqué à des occupations personnelles.
 

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