Malgré des résultats décevants, Wall Street termine en hausse grâce aux financières

Au lendemain d'une forte baisse, les places américaines ont rebondi ce mardi malgré une série de résultats décevants. Mais les marchés ont profité de la nouvelle aide accordée à GM et du rebond des valeurs bancaires. Le Dow Jones gagne ainsi 1,63% à 7.970 points, le Nasdaq prend 2,22% à 1.644 points et le SP&500 progresse de 2,13% à 850 points.

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Wall Street est reparti dans le vert. Au lendemain d'une sévère chute, provoquée par l'importante provision de Bank of America liée aux créances douteuses, les marchés new-yorkais ont en effet nettement progressé mardi malgré une série de mauvais résultats d'entreprises, notamment sur le secteur industriel. Si les premières publications avaient laissé à penser que la situation économique s'était légèrement améliorée au premier trimestre, ou du moins s'était dégradée moins fortement que redouté, les chiffres du jour ravivent le pessimiste des investisseurs. Mais après avoir fortement chuté la veille, les valeurs financières ont porté les marchés ce mardi.

Du coup, le Dow Jones gagne 1,63% à 7.970 points, le Nasdaq prend 2,22% à 1.644 points et le SP&500 progresse de 2,13% à 850 points. En l'absence de statistiques, les marchés se sont concentrés sur les nombreux résultats d'entreprises. Globalement mauvais, ils ont en plus été accompagnés de plusieurs révisions à la baisse de perspectives de résultats pour l'ensemble de l'année. Les valeurs industrielles, particulièrement affectées par le ralentissement économique mondial, sont en première ligne. Après avoir ouvert en forte baisse, elles ont repris des couleurs en séance, notamment après l'officialisation d'une nouvelle aide de 5 milliards de dollars à General Motors.

Caterpillar termine ainsi en hausse de 2,99% à 31,39 dollars. Le premier constructeur mondial d'engins de chantier est tombé dans le rouge au premier trimestre, pour la première fois depuis 16 ans. Son déficit atteint 112 millions de dollars sur la période, plombé notamment par une charge de 558 millions de dollars liée à la suppression de 20.000 emplois. Mais le groupe a dégagé un bénéfice par action (BPA) de 39 cents hors éléments exceptionnels. Les analystes attendaient de leur côté seulement des profits de 5 cents par titre. Le chiffre d'affaires a chuté de 22%, à 9,22 milliards de dollars, contre 8,54 milliards escomptés par les marchés. Mais ces derniers sanctionnent très fortement la division par deux des prévisions de bénéfice par action sur l'ensemble de l'année (passées de 2,50 à 1,25 dollar par action) et la révision à la baisse des revenus attendus.

DuPont gagne 4,94% à 28,06 dollars. Le chimiste américain a lui aussi abaissé ses prévisions de résultats sur l'ensemble de l'année, ne tablant plus que sur des profits compris entre 1,70 et 2,10 dollars par action cette année. Il misait précédemment sur une fourchette allant de 2 à 2,50 dollars. Au premier trimestre, son bénéfice net a fondu de 59%, à 489 millions de dollars. Hors éléments exceptionnels, cela correspond à un bénéfice de 54 cents par action, soit deux cents de mieux qu'attendu. Le chiffre d'affaires du groupe a chuté de 17% à 7,27 milliards de dollars, en raison d'un ralentissement mondial de la demande dans les secteurs de la construction, de l'automobile, et du recul des dépenses de consommation.

General Motors s'adjuge 2,41% à 1,70 dollar. Le premier constructeur automobile américain a obtenu 5 milliards de dollars supplémentaires de prêt de la part de l'Etat, après avoir déjà bénéficié de 13,4 milliards de dollars d'aides publiques. L'objectif est de permettre au géant de Detroit de présenter une nouvelle mouture de son plan de restructuration aux parlementaires américains, pour les convaincre de lui accorder encore 17,6 milliards de dollars. Le groupe va notamment devoir s'entendre avec les détenteurs de sa dette obligataire pour convertir en actions ou racheter la majorité de ces titres. Il doit par ailleurs trouver un accord avec le syndicat UAW sur le financement de la couverture santé de ses retraités. En cas d'échec, le gouvernement pourrait alors activer une procédure de mise en dépôt de bilan rapide.

Johnson Controls affiche un gain de 8,55% à 17,52 dollars. Le premier fabricant mondial de sièges pour automobile a publié une perte de 193 millions de dollars au premier trimestre, à comparer avec un bénéfice de 289 millions l'an passé à la même période. Le groupe est ainsi dans le rouge pour le deuxième trimestre de rang. Par action et hors éléments exceptionnels, le déficit ressort à 16 cents. Les analystes tablaient de leur côté sur une perte de 17 cents. De son côté, le chiffre d'affaires a chuté de 33%, à 6,3 milliards de dollars alors que les ventes de voitures neuves sont tombées sur les trois premiers mois de l'année à leur plus bas niveau depuis près de 30 ans. Mais malgré ce contexte difficile, Johnson Controls estime être en mesure de publier des résultats positifs sur l'ensemble de l'année.

United Technologies grimpe de 4,76% à 47,99 dollars. Le conglomérat industriel, qui fabrique notamment des ascenseurs, des systèmes de climatisation et des moteurs d'avions, a publié un bénéfice net de 722 millions de dollars. Ce dernier a reculé de 28% par rapport à l'an passé, mais est en ligne avec les prévisions des marchés. Le chiffre d'affaires a légèrement reculé, à 12,24 milliards de dollars. Les analystes tablaient sur des ventes de 12,41 milliards. Le groupe a par ailleurs confirmé ses prévisions pour l'ensemble de l'année, avec un bénéfice par action attendu entre 4 et 4,50 dollars.

Les valeurs financières ont nettement rebondi ce mardi, après avoir chuté la veille après la publication des résultats de la première banque américaine Bank of America. Cette dernière gagne ainsi 9,23% à 8,76 dollars, JPMorgan s'adjuge 9,57% à 32,53 dollars, Citigroup progresse de 10,20% à 3,24 dollars et Wells Fargo s'adjuge 10% à 18,70 dollars. Outre un rebond techniques, les titres bancaires ont profité des déclarations de Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, estimant que les grandes banques américaines étaient suffisament capitalisées.

Le secteur aérien s'envole dans le sillage de Delta Air Lines (+19,09% à 8,11 dollars) et d'United Airlines (+12,95% à 6,63 dollars). Les deux compagnies aériennes américaines ont réduit leurs pertes au cours des trois premiers mois de l'année, faisant mieux que les attentes. Delta a ainsi perdu 789 millions de dollars. En excluant les éléments exceptionnels (notamment une provision de 100 millions de dollars liée au rachat de Northwest), le déficit ressort ainsi à 84 cents par action. Le consensus du marché faisait ressortir une perte attendue à 1,01 dollar par action. Le chiffre d'affaires a de son côté chuté de 15%, en données pro forma, à 6,68 milliards de dollars. Les analystes tablaient sur 6,72 milliards de dollars.

De son côté, UAL Corporation, la maison mère d'United Airlines, a accusé une perte de 382 millions de dollars sur la période. Là aussi les marchés escomptaient une performance inférieure. Hors éléments, le déficit s'élève ainsi à 4 dollars par action, contre 4,45 dollars attendus par les opérateurs. L'an passé, la compagnie avait enregistré un déficit de 549 millions de dollars. La chute des dépenses liées au carburant, qui ont diminué de près de moitié sur un an, n'a pas suffi à compenser la baisse du trafic, avec un chiffre d'affaires en chute de 21,7% au premier trimestre, à 3,69 milliards de dollars.

IBM prend 1,87% à 102,31 dollars. Le groupe informatique américain a publié un bénéfice net en repli de 1% au premier trimestre, à 2,29 milliards de dollars. Par action, ce dernier ressort à 1,70 dollar, contre 1,66 dollar attendu par les analystes. Mais le chiffre d'affaires est ressorti en deçà du consensus, s'élevant à 21,7 milliards de dollars. Les marchés escomptaient de leur côté 22,5 milliards de dollars. IBM a par ailleurs confirmé ses prévisions pour l'ensemble de l'année, à savoir un bénéfice par action d'au moins 9,20 dollars.

Du côté des baisses, Coca-Cola cède 2,80% à 43,09 dollars. Le leader mondial des boissons non alcoolisées a publié ce mardi une baisse de 10% de son bénéfice net au premier trimestre, à 1,35 milliard de dollars. Par action, le bénéfice ressort à 65 cents après avoir exclu les éléments exceptionnels, notamment des coûts de restructuration visant à économiser 500 millions de dollars par an d'ici à 2011. Cette performance est conforme aux attentes des marchés. Le chiffre d'affaires a reculé de 3% sur la période, à 7,17 milliards de dollars.

Sur le secteur pharmaceutique, Merck plonge de 6,66% à 23,54 dollars. Le laboratoire a vu ses profits plonger de 56% au premier trimestre, en raison notamment d'une base de comparaison défavorable. Son bénéfice net s'élève ainsi à 1,45 milliard de dollars. Hors exceptionnels, il ressort à 74 cents par action, trois cents de moins que le consensus. Le chiffre d'affaires du groupe a quant à lui reculé de 8%, à 5,38 milliards de dollars, également inférieur aux attentes du marché, qui prévoyait 5,77 milliards. En outre, Merck ne table plus que sur des ventes annuelles de 23,2 milliards de dollars, contre une prévision initiale de 23,7 milliards de dollars.

Schering-Plough, avec qui Merck doit prochainement fusionner, chute de 4,08% à 22,11 dollars. Le groupe pharmaceutique a presque triplé ses profits au cours des trois premiers mois de l'année, à 767 millions de dollars, profitant d'une base de comparaison favorable. Par action, le bénéfice hors éléments exceptionnels atteint 56 cents, contre 47 cents anticipés par les analystes. Le chiffre d'affaires a reculé de 6% au premier trimestre, à 4,39 milliards de dollars. Le laboratoire, qui réalise 70% de ses revenus hors des Etats-Unis, a été pénalisé par l'évolution des taux de changes.

En revanche, Eli Lilly prend 1,06% à 33,34 dollars. Le laboratoire a annoncé lundi soir des résultats trimestriels en forte hausse, avec un bond de 23% de son bénéfice net à 1,31 milliard de dollars. Hors exceptionnels, les profits s'élèvent à 1,20 dollar, là où les opérateurs avaient anticipé 99 cents. Le chiffre d'affaires a progressé sur la période de 5% à 5,05 milliards de dollars. Sur l'ensemble de l'année, Eli Lilly, qui a acquis le spécialiste des biotechnologies ImClone en novembre, attend un BPA allant de 4 à 4,25 dollars. Un chiffre conforme aux attentes.

Bank of New York Mellon recule de 0,18% à 27,98 dollars. L'établissement bancaire a dégagé un bénéfice de 322 millions de dollars au premier trimestre, contre un profit de 749 millions de dollars l'an passé. Hors éléments exceptionnels, le profit s'établit à 53 cents par action, contre 63 cents escomptés par les analystes. Dans un environnement jugé difficile, le groupe va nettement réduire son dividende, ramené de 24 à 9 cents.

The New York Times Compagny cède 15,56% à 4,94 dollars. L'éditeur du réputé quotidien éponyme, mais aussi du Boston Globe et de l'International Herald Tribune, a ainsi perdu 74,5 millions de dollars au cours des trois premiers mois de l'année. Son chiffre d'affaires a plongé de 18,6%, à 747,9 millions de dollars. Comme l'ensemble de la presse, le groupe souffre de l'érosion constante des ventes des journaux outre-atlantique. S'y ajoute désormais un effondrement des recettes publicitaires, dans un contexte de ralentissement économique marqué. Ces dernières ont ainsi chuté de 28,4% au premier trimestre. Même ses revenus en ligne ont été touchés et ont baissé de 8%.

Enfin, Texas Instruments perd 1,21% à 17,11 dollars. Le numéro deux mondial des semi-conducteurs a fait mieux que prévu en ce début d'année, dégageant un maigre profit de 17 millions de dollars. Cela représente 1 cent par action alors que les marchés attendaient une perte de 4 cents. Le chiffre d'affaires a plongé de 26%, passant de 3,27 à 2,08 milliards de dollars. Pour le trimestre en cours, le groupe est plus optimiste que les investisseurs, tablant sur un BPA compris entre 1 et 15 cents et sur des ventes allant de 1,95 à 2,4 milliards de dollars.

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