Une nouvelle race de produits de Bourse ultra spéculatifs font un tabac

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A l'heure où l'aversion au risque des Français n'est plus à démontrer, de nouveaux outils à effet de levier rencontrent pourtant un large succès. Ils permettent de jouer sur des indices ou des matières premières et sont beaucoup plus simples que les produits de Bourse jusqu'à présent commercialisés.

L'aversion au risque des Français n'a jamais été aussi manifeste. Il n'y a qu'à voir l'explosion des ouvertures de Livret A ces dernières semaines pour s'en convaincre. Mais comme toute vérité a son paradoxe, les promoteurs de produits de Bourse constatent depuis trois mois un phénomène pour le moins surprenant: la montée en puissance et même la suprématie d'une nouvelle race de produits de Bourse extrêmement spéculatifs, les Leverage et Short. Derrière ces deux termes anglo-saxons se cachent deux outils d'une simplicité biblique, le premier permettant de jouer à la hausse un sous-jacent précis (cela peut être le CAC 40, un autre indice mondial ou de volatilité voire une matière première), avec un effet de levier choisi à l'avance allant de 2 à 10; le second de faire la même chose, mais à la baisse.

Grande simplicité

Contrairement à d'autres produits de Bourse qui n'ont pas d'effet de levier, ont des barrières désactivantes ou une durée de vie bien précise, sans parler des paramètres à comprendre avant de se lancer dans l'aventure, les Leverage et short n'ont ni durée de vie, ni barrière désactivante. Le mode de calcul du prix de ces produits est donc très simple: ils multiplient tous les jours les variations du sous-jacent par leur effet de levier. Prenons un exemple avec un Leverage 5 sur le DAX. Il verra son prix augmenter de 5% si le DAX prend 1% au cours d'une même séance boursière. «Afin d'éviter qu'ils ne perdent toute valeur, les Leverage et Short possèdent un mécanisme de protection partielle en cas de fortes variations du cours du sous-jacent au cours d'une séance. En effet, avec un Leverage à effet de levier 10 par exemple, une baisse de 10% du sous-jacent en une journée devrait entraîner une baisse de 100% du prix du Leverage. Pour empêcher cela, un seuil de variation maximal quotidien est défini, et au-delà de ce seuil, le produit est recalculé comme s'il s'agissait d'une nouvelle séance», précise Thibaud Renoult, responsable de la distribution publique des produits de Bourse chez Commerzbank qui constate en effet depuis plusieurs mois un engouement tout particulier de sa clientèle pour ces nouveaux produits. «Les Leverage et Short sont aujourd'hui les produits de Bourse à effet de levier les plus traités à la Bourse de Paris avec environ 200 millions d'euros échangés par mois, raison pour laquelle nous avons décidé d'étoffer notre gamme de produits sur ce segment», ajoute-t-il.

Réservés à des investisseurs chevronnés

Il est donc pour le moins intéressant de voir qu'au moment où toute prise de risque est quasiment considérée comme un gros mot, les investisseurs prêts à jouer avec leur nerfs privilégient les outils les plus spéculatifs qui soient, un effet de levier de 10 étant particulièrement osé. Sachant que ces outils, sont, certes, exclusivement réservés à des investisseurs chevronnés qui savent pertinemment où ils mettent les pieds et sont prêts à accepter des pertes en capital.
 

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Commentaires
a écrit le 28/11/2012 à 23:24 :
Spéculer, c'est anticiper l'avenir. Alors, ultra-spéculer, est-ce ultra-anticiper l'avenir ? Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire, notamment pour un journal qui prétend parler d'économie, normalement avec des mots clairement et précisément définis et non de vagues concepts de café du commerce ?
Réponse de le 03/12/2012 à 12:44 :
Non monsieur, spéculer n'est pas anticiper l'avenir. C'est jouer en espérant lever la mise. Et si on perd sa chemise seul, pas de problèmes. Certains appellent ça justice. Sauf que si on a quelques milliers de perdants et sur de grosses sommes, ça devient une crise. La banque n'est pas constituée pour le jeu de la spéculation. Il y a les casinos pour cela. Il faut lire le théoricien du libre marché pour le comprendre, Adam Smith, pour qui les opérations de banque (et de bourse) permettent d'assurer le financement des activités productives. Est ce dit avec des mots clairs ?
a écrit le 28/11/2012 à 20:22 :
Les produits dérivés existent depuis les Babyloniens (produits dérivés sur les céréales).
a écrit le 28/11/2012 à 20:14 :
"mécanisme de protection partielle"... Hé hé... Piège au moins garanti. C'est déjà ça, notes...
a écrit le 28/11/2012 à 19:26 :
Le plus connu de cette gamme de produits est le fameux BX4, short levier 4 sur le cac, je l'ai tradé dès les premiers jours de son existence( à l'époque seuls 2 fonds français permettaient de jouer la baisse de la bourse), et s'il a enrichi beaucoup de monde, il en a ruiné une quantité considérable à cause de l'usure naturelle( regardez son graphique à côté de celui du cac pour constater), les "anciens" du bx4 ont demandé d'autres produits, d'autres leviers, et ils ont ainsi essaimé, créant un marché du tracker.
a écrit le 28/11/2012 à 18:16 :
loool franchement la tribune !!!!!! c'est pas vous qui allez faire sortir un tel article quand meme....
lE LEVERAGE ET SHORT ont toujours existés...
a écrit le 28/11/2012 à 18:04 :
Cela fait des années que de tels produits dérivés existent; pourquoi parler de nouveauté ? Pour attirer les gogos et les plumer ?
a écrit le 28/11/2012 à 17:58 :
Allo la lune, ici le monde de la finance?? Ce type de produit existe depuis des annees...D'ici quelques annees vous devriez decouvrir les CFD.
Réponse de le 29/11/2012 à 2:42 :
attention toujourrs plus fort les tetes pensantes du ps plancherait sur le lancement d'un produit révolutionnaire appelé sicav mais chut

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